Maghreb

Algérie: Les inquiétudes des caciques…

Djamel Ould Abbas, SG du FLN

Image: Algérie Patriotique
Djamel Ould Abbas, SG du FLN Image: Algérie Patriotique

Non, le président algérien Abdelaziz Bouteflika n’est pas encore candidat à sa succession pour un cinquième mandat. Un vœu pieu formulé par le Secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbes à propos de cette hypothèse a immédiatement enflammé les réseaux sociaux non seulement en Algérie, mais également dans le monde arabe et en France. Comment se fait-il qu’un homme de 81 ans, se déplaçant à l’aide d’un fauteuil roulant et ayant besoin d’assistance pour le moindre de ses gestes puisse « rempiler » pour un nouveau mandat à la tête d’un pays de 40 millions d’habitants, richissime en pétrole et en gaz, mais pauvrissime en termes de création d’emploi et de bien-être social?

Djamel Oud Abbes aurait-il lancé un pavé dans la mare pour tâter le pouls de l’opinion publique algérienne et pour juger de l’accueil qu’une telle nouvelle pouvait recevoir dans les principales chancelleries occidentales? Selon les médias algériens, la confirmation de la candidature ou la retraite politique d’Abdelaziz Bouteflika ne devrait pas intervenir avant fin janvier et le mois de février. Autant dire que M. Oud Abbes qui avait un jour déclaré sans vergogne qu’il « voterait pour M. Bouteflika même mort »s’est sans doute laissé emporter par son zèle. Selon lui et selon bien des caciques du régime et de l’armée algérienne, ‘Boutef’ est le candidat de la stabilité et de la continuité… même avec ses yeux hagards et son état de santé. Le pouvoir algérien préfère, et de loin ce scénario à celui de l’arrivée en scène d’un homme d’État bien portant et qui aurait des velléité de s’affranchir de la tutelle de l’armée.

Maintien des privilèges

Le maintien de M. Bouteflika à la tête de l’État, même sous respiration artificielle, est pour certains, synonyme de maintien de bien des privilèges. Personne ne voudrait d’un scénario à la Boudiaf par exemple qui avait été appelé au chevet d’un pays malade en 1992. Feu Mohammed Boudiaf, alors en exil au Maroc avait été prié par l’armée algérienne justement de se mettre au service de la patrie alors que l’Algérie venait d’entrer dans la décennie de la terreur. Il avait exigé d’avoir les moyens de sa politique notamment en matière de lutte contre le terrorisme, de lutte contre la corruption et l’acquisition des privilèges indus… et en matière de gestion du dossier du Sahara, responsable direct de la paralysie des institutions de l’UMA. Le reste de l’histoire est connu. M. Boudiaf a été assassiné quelques mois à peine après avoir assumé la magistrature suprême.

Les algériens lancent aujourd’hui plusieurs boutades concernant Saïd Bouteflika, frère du président et à qui on attribue une influence manifeste sur les affaires de l’État. Et certains médias hésitent en termes de pronostics entre l’hypothèse d’un cinquième mandat de l’actuel président et la mise en avant de son frère. Ceux qui se sont sucrés au contact avec le pouvoir depuis l’indépendance de l’Algérie savent pertinemment que tel est le scénario idoine pour permettre à une poignée de privilégiés d’engrosser leurs comptes bancaires dans les paradis fiscaux. Entre-temps, la mal-vie en Algérie atteint des proportions alarmantes, traduite par un discrédit jeté sur l’ensemble de la classe politique

 

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