Maroc

Amnesty international: L’inquisition torquemadiste du 3 ième millénaire

Image: Wikipedia
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« Les traitements infligés par le Maroc aux migrants africains subsahariens sont dégradants et cruels » a fait savoir Amnesty International dans un rapport repris par les médias espagnols dimanche 9 septembre. Amnesty accuse par la même occasion l’Espagne de « complicité avec le voisin du Sud ». Cette ONG pionnière en matière d’ingérence précise également que « L’offensive à grande échelle que les autorités marocaines mènent contre des milliers de migrants subsahariens revendicateurs du statut de réfugiés est cruelle et illégitime ». Selon la directrice Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty Heba Morayef,  »le traitement réservé par le Maroc à ces personnes constitue une nette régression par rapport aux engagements pris en 2013 en matière de politique d’asile et de respect des normes internationales ».

Cette sortie frontale d’Amnesty inspire la réflexion suivante: Peut-on à ce point être frappé de cécité en faisant semblant d’ignorer la pression énorme qui pèse sur le Maroc en matière de flux migratoire? Bien entendu, on peut reprocher beaucoup de choses aux autorités marocaines y inclus dans le registre des droits de la personne, mais de là à s’attendre à ce qu’un pays qui vivote avec un PIB de 105 milliards de dollars pour 35 millions d’habitants endigue le flux migratoire provenant du Sud, cela revient à remonter les cascades d’Ouzoud en sens inverse avec une pagaie primitive. Amnesty international, grande donneuse de leçons devant l’Éternel, aux côtés de ses cousines germaines Transparency, RSF et compagnie,  est bien placée pour savoir qu’une telle entreprise dépasse de loin les moyens dont dispose un pays comme le Maroc.

Les États-Unis  ont tout essayé pour muscler leur action contre les migrants mexicains et l’Europe en entier s’est retrouvée impuissante pour juguler le flux provenant de Syrie. Alors de là à demander à ce que le Maroc relève ce défi herculéen, c’est tout simplement une aberration. Les communiqués de l’engeance droit-de-l’hommiste se suivent et se ressemblent à une époque où ces ONG ont perdu considérablement de leur aura. C’est à dire depuis que le bloc occidental a cessé d’imposer sa vision unilatérale des choses à l’ensemble de la planète. Plusieurs pays comme la Chine, la Russie, la Tuquie ou l’Iran n’accordent quasiment aucun crédit à ces rapports ou aux mises en garde des chancelleries occidentales.

Il y a une vingtaine d’années à peine, la grande majorité des pays du Sud attrapaient la tremblote au moindre rapport émis par ces ONG. Aujourd’hui, beaucoup moins! Pourquoi? Parce que justement la Chine, la Russie, la Turquie ou les pays de l’ancienne URSS constituent une alternative économique parfaitement viable à la puissance occidentale. C’est là où se situe la différence. En outre, si Amnesty verse tant de larmes de crocodiles à propos d’une situation au demeurant fort déplaisante, pourquoi diable ne mettrait-elle pas elle-même la main à la pâte, en mobilisant sa petite armée d’inquisiteurs en poste dans les quatre coins du monde pour voler à la rescousse des migrants africains? Bien entendu, cela prête à sourire, mais tout le monde sait qu’il est plus facile de jouer les inquisiteurs torquemadistes depuis un bureau new-yorkais ou parisien que d’avoir à affronter par ses propres moyens une situation quasiment incontrôlable.

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