Sociéte

Anne-Marie Thibault: L’islamophobie, éructée sur Facebook

Image: Ayoye Monde
Image: Ayoye Monde

« Alexandre Bissonnette est un prisonnier politique », « sur une liste de 20 élèves de ma classe, seulement trois sont québécois », « l’islam est le cancer de l’humanité »… Voici un florilège d’amour débordant que voue à l’islam et aux musulmans Anne-Marie Thibault, l’enseignante suppléante de la Rive-Sud, fraîchement expulsée par la Commission scolaire Marie-Victorin. Le site de Radio-Canada a réussi à mettre le main sur les perles de cette retraitée en enseignement affichées sur sa page Facebook, mais pour ceux qui ne sont pas « amis » avec Anne-Marie Thibault, rien ne figure sur sa page. Comme si un travail de « nettoyage » en bonne et due forme avait été effectué pour empêcher les profanes d’aller farfouiller dans son intimité virtuelle.

Une question se pose: Comment se fait-il qu’une créature pareille soit parvenue à faire carrière dans l’enseignement en ne se gênant pas d’afficher des opinions ignobles sur les réseaux sociaux? Non seulement a-t-elle sévi jusqu’à sa retraite, mais elle a trouvé le moyen de rempiler en tant que contractuelle, le tout en clamant haut en et fort sa haine pour l’islam comme si elle avait affûté ses armes auprès du Front National, version Jean-Marie Le Pen. À aucun moment Anne-Marie Thibault n’a été inquiétée alors qu’elle était investie plusieurs années durant d’une mission d’encadrement auprès des enfants. Qui peut garantir que cette personne n’a pas cherché à conditionner ses élèves de confession musulmane durant toute cette période? On voit mal une personne aussi radicale s’en tenir à la stricte neutralité pendant la pratique de sa profession. Il s’agit donc de pousser l’enquête un peu plus loin…

Matière à poursuites?

Sur la foi des captures sur écran effectuées par le site de Radio-Canada, Anne-Marie Thibault compte pas mal « d’amis » partageant ses sordides opinions. Et quand elle ose qualifier Alexandre Bissonnette de « prisonnier politique », on peut se demander s’il n’y a pas là matière à poursuites. Car c’est exactement comme si elle donnait raison à l’acte d’horreur perpétré par l’auteur du massacre de la mosquée de Québec. Lorsque Jean-Marie Le Pen avait qualifié les chambres à gaz allemandes lors de la deuxième guerre mondiale de « détail de l’histoire », toute la classe politique et médiatique, en plus de la société civile française lui est rentrée dedans. Des excès insupportables qui peuvent plaire aux purs et durs mais qui ne peuvent que susciter condamnation et mépris. Anne-Marie Thibault va-t-elle s’en tirer à bon compte, elle qui aurait pu raconter des balivernes à ses élèves musulmans? Une enquête un peu poussée ne serait pas de trop.

Comment peut-on faire preuve d’autant de cécité durant toute cette période? Une enseignante qui soutient que l’islam est un « cancer de l’humanité » alors qu’une partie non négligeable de ses élèves est composée justement de musulmans peut-elle être en contact avec des enfants? La Commission scolaire Marie-Victorin a sans doute pris la bonne décision en flanquant immédiatement Anne-Marie Thibault à la porte et en se dissociant de ses propos. Mais n’a-t-elle jamais eu vent des « libres opinions » de la concernée? Ne serait-il pas préférable de surveiller d’un peu plus près « l’activisme » de certains individus en position d’autorité sur les réseaux sociaux? La prévention est d’une importance cruciale dans ce genre de cas.

 

 

 

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1 commentaire

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  • Je présume que la décision de la commission scolaire est prise bien tardivement, si on rejoint la décision du nouveau gouvernement de congédier toute enseignante portant le voile en la considérant comme personne en situation d’autorité et ceci si on parle uniquement de porter un signe religieux sans pour autant porter des idéologies sordides et de la xénophobie envers une communauté qui fait partie des élèves qu’elle enseigne alors à votre avis qu’elle sera la décision envers cette enseignante qui a pratique durant des années tout en portant cette haine et ces pensées malsaines envers une partie de ses élèves.
    Je me permet de poser cette question est-ce le congédiement. tardif est tout ce qu’elle merite?
    ou faut-il ouvrir une enquête et fouiller plus, on trouvera surement. des victimes parmis ses élèves qui ont subi sa haine .
    Je pense que ce fait donnera de la réflexion au gouvernement pour réviser ses décisions et faire plus attention aux pensées et idéologies qui peuvent être plus influents et destructeurs chez les enseigants que de leurs habits ou signes religieux, à bon entendeur salut.