Maroc

Ave Aziz!

Image: tiznit24.com
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Le RNI se prépare tambour battant à jouer les tous premiers rôles lors des prochaines élections législatives. Même s’il dispose de moins d’une quarantaine de députés, soit moins du tiers de ceux du PJD, la formation présidée par le ministre de Sa Majesté, Aziz Akhannouch, s’offre une visibilité médiatique et une représentativité politique inversement proportionnelles à son poids réel. Que ce soit sous Salaheddine Mezouar ou sous Aziz Akhannouch, le RNI a squatté les portefeuilles les plus alléchants, sans parler du perchoir qui est passé des mains de RNI à l’USFP en violation flagrante des notions les plus élémentaires de l’éthique politique. Aujourd’hui, le parti de la colombe se pavane en terrain conquis comme si l’issue des prochaines élections législatives ne faisait pas l’ombre doute, conscient que la figure d’Aziz Akhannouch attire les « militants » comme le miel attire les plantigrades.

Nous sommes dans une situation qui rappelle étrangement celle de la fondation du fameux Mouvement pour tous les Démocrates et qui allait donner lieu au PAM, résurrection politique du même RNI ou de l’UC du temps des années de plomb. Les opportunistes de tous bords affluent par monts et par vaux pour se positionner à la perspective de la prochaine reconfiguration de la carte politique. Ce qui renvoie étrangement à l’irrésistible effet Fouad Ali al Himma sur l’homo marroquinus politicus il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, c’est la formation présidée par Aziz Akhannouch qui semble avoir le vent en poupe et c’est le sourire fendu jusqu’aux oreilles que le patron d’Afriquia a lancé le Conseil des RNIstes marocains du monde dans l’objectif quasiment avoué d’en faire un fer de lance de sa future campagne.

Les dés sont-ils jetés?

Il faut dire que le terrain semble spécialement balisé pour le richissime ministre. Entre un PJD au bord de l’implosion sous la houlette du terne Saadeddine El Othmani et un PAM tombé en disgrâce, tout paraît indiquer que le RNI jouera cette fois les tous premiers rôles. Le bon vieux temps des Ahmed Osmane, Haddou Chiguer, Abdelaziz el Alaoui el Hafidi, El Alami Tazi, Aziz el Hussein et la première génération RNIste semble de retour. Et bien entendu, M. Akhannouch ne boude pas son plaisir, lui à qui le poste de chef de gouvernement semble presque promis par acte notarié. Autour de sa galaxie gravite d’ores et déjà la future ossature dont le principal appui pourrait être l’Istiqlal de Nizar Baraka.

Evidemment, il y a loin de la coupe aux lèvres et l’histoire politique marocaine depuis l’indépendance  a démontré qu’en trois ans, bien des choses peuvent se produire. Cependant, il faudrait qu’un véritable cataclysme se produise et que M. Akhannouch multiplie les bêtises et soit dévoré d’ambition à l’instar d’un Ilyas el Omari pour que la donne change radicalement d’ici là. Or, il faut reconnaître que M. Akhannouch n’est pas vraiment homme à quitter des yeux l’ordre du jour qui lui est assigné. Il va certes tout mettre en oeuvre pour réduire le PJD à la portion congrue, mais il le fera en délicatesse contrairement au tandem El Himma-El Omari qui avaient concocté le Mouvement pour tous les Démocrates dans la ferme intention de déclarer la guerre au PJD et rien d’autre. Mais laissons M. Akhannouch savourer sa lune de miel. Il est programmé pour de plus hautes fonctions… avant même le coup d’envoi des élections!

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