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Aziz Alaoui: Le messager de l’argan

Image: Mohammed Sadri
Image: Mohammed Sadri

Il est considéré comme le Monsieur Argan du Nouveau Monde. Une référence incontournable en la matière au point où ses clients sollicitent son produit-miracle des quatre coins du monde. Pourtant, lorsque Aziz Alaoui a foulé le sol canadien pour la première fois, en 1967, il était à mille lieues de douter que ce produit du terroir marocain allait être au cœur de ses activités. C’était à peine s’il y avait à l’époque une dizaine de compatriotes de confession musulmane. Il y en avait certes davantage de confession juive, mais globalement, en croiser un dans la rue était tout un événement. 1967, rappelons-le, c’était l’année de l’Exposition universelle de Montréal et les relations diplomatiques entre le Maroc et le Canada n’étaient établies que cinq ans auparavant. Évidemment, il n’y avait pas de liaison directe entre Casablanca et la métropole québecoise. Il ne serait donc venu à l’esprit de personne de déposer son baluchon au Québec à une époque où il n’y en avait que pour l’Europe, et plus particulièrement la France.

Avant la découverte du Nouveau Monde, le jeune Aziz, de souche fassi, avait d’abord vécu à El Jadida, une ville alors en pleine effervescence, notamment artistique et intellectuelle. Et c’est là qu’il décrocha son baccalauréat. Par la suite, il intégra l’École hôtelière de Rabat qui lui a permis d’effectuer un stage en Angleterre. L’idée de découvrir le Canada lui est venue dans le pays du brouillard, alors que les notions qu’il avait du Québec étaient très insuffisantes pour pouvoir réaliser réellement ce qui l’attendait. Tout ce qu’il savait, c’est que Montréal s’apprêtait à organiser un événement de dimension internationale baptisé Exposition universelle. Justement, dès son arrivée, il eut son premier emploi saisonnier au sein de l’Expo 1967. Événement qui lui a permis de faire la connaissance de quelques mythes de la chanson populaire marocaine dont Hajja El Hamdouiya , se souvient-il avec le sourire.

Une révélation à Tamanar

Ce n’est que plusieurs années après bien des expériences utiles que son intérêt pour l’argan s’est manifesté. C’était au cours d’un séjour en 1975 au Maroc et plus concrètement à Tamanar, dans la province d’Essaouira. ‘ Une journée d’étude s’y tenait en présence de plusieurs chercheurs, tous marocains. J’étais tout simplement fasciné par tout ce que je venais d’entendre. Ainsi, j’apprenais pour la première fois qu’il fallait 30 kilos d’amandons et 8 heures de travail pour extraire un litre. À mon retour, ayant constaté de ses propres yeux ce qu’on pouvait faire avec l’argan et son processus d’élaboration, je me suis dit qu’il y avait là matière à le promouvoir au Québec et au Canada’. Voilà comment tout à commencé.

Les débuts étaient forcément difficiles puisque non seulement les Canadiens-Français – comme on appelait à l’époque les Québecois – n’avaient jamais entendu parler de ce produit, mais en outre, les outils de recherche étaient des plus modestes pour en savoir davantage sur le produit. Aujourd’hui, et après la révélation initiale faite dans un village berbère marocain, Ssi Aziz figure parmi les références incontournables en la matière, au point de prêcher lui-même la bonne parole en donnant des conférences partout et en agissant en tant qu’ambassadeur de ce produit du terroir. Même si, à 72 ans, M. Alaoui est en droit de profiter d’une retraite paisible, il se passionne dès qu’il est question d’argan quelque part et sait qu’il y a encore du chemin à parcourir pour vulgariser davantage ce produit. Il sait par exemple que dans le contexte nord-américain, la plupart des usagers ne le connaissent qu’à travers ses propriétés thérapeutiques et cosmétiques, mais rares sont ceux qui ont une idée de son utilisation gastronomique.

Pour réussir dans sa mission consistant à promouvoir les produits à base d’argan, il a créé une association baptisée ‘ Association L’Arganier du Québec’ qui a pris son bâton de pèlerin pour que de plus de plus de foyers québecois aient leur petit flacon à domicile! Un travail de longue haleine couronné de succès. Une passion qu’il cultive conjointement avec son épouse, le cordon bleu Leila Benzakour. Mission réussie!

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À propos de l'auteur

Harakat Ismail

2 commentaires

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  • Et ce qui est le plus fantastique M.Alaoui c’est qu’avec le temps qui passe , vous avez su garder cette passion que vous nous partagez goutte à goutte ,parfois au litre 🙂😊
    C’est une réalisation très inspirante . J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui ,comme vous , se rendent au bout d’une idée ,d’un rêve .
    Cette huile est un cadeau de la nature ,un privilège d’ y avoir accès
    Merci de nous avoir apporter pour cette opportunité .
    Envoyé de mon iPad