Politique

Congrès du PQ: La Charte des valeurs, de retour?

Image: Le Devoir
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C’est avec succès que le Chef du Parti Québecois Jean-François Lisée a surmonté le vote de confiance lors du Congrès péquiste tenu entre vendredi 8 et dimanche 10 septembre. Avec 92,8%, il revient de loin. Malmené dans les sondages, accusé par ses propres sympathisants d’inconstance et de mollesse dans des dossiers cruciaux comme ceux de la souveraineté et de la langue française, Jean-François Lisée aurait toutefois tort de prendre pour un chèque en blanc ce vote de confiance. Selon tous les instituts de sondage, si les élections étaient organisées dans les jours à venir, le PQ se ramasserait avec le pire score de son histoire avec 22%, ce qui correspondrait à une vingtaine de députés à l’Assemblée nationale. Il a désormais la légitimité et le mandat de redorer le blason de la formation souverainiste et de prendre des décisions fermes quand bien même seraient-elles impopulaires à court terme.

Jean-François Lisée traine comme un boulet les séquelles de la course à la chefferie du PQ. Pour se se débarrasser de ses principaux adversaires, surtout du favori Alexandre Cloutier, il a employé à l’instigation de son entourage des méthodes jugées déloyales, insultantes et calomnieuses par bien des militants. Ceux qui ont eu l’occasion de suivre de près la course à la chefferie se souviennent de la réaction intempestive de JFL contre son adversaire qui a eu le malheur de présenter à la communauté musulmane du Québec ses vœux de l’Aïd sanctionnant la fin du mois de Ramadan. Par la suite, il y a eu la référence à Adil Cherkaoui et autres dérapages qui n’honorent pas le parcours du chef péquiste.

Inconstance coupable

Une fois qu’il a été élu à la tête de la formation souverainiste, M. Lisée a mis pas mal d’eau dans son vin, mettant il est vrai son point d’honneur à se dissocier de l’aile radicale de son parti. Il a ainsi décidé de mettre en place un comité composé de militants du parti issus des différentes communautés ethniques et se serait même engagé à faire en sorte que des figures de la diversité défendent les couleurs du PQ lors des prochaines élections. Excellente initiative annihilée il est vrai par d’autres, moins populaires comme ses hésitations à propos de la question référendaire ou encore l’opportunité ou pas de donner un tour de vis à la question de la française, cheval de bataille historique du courant souverainiste. Autant d’indécisions qui ont fait douter les militants et fait en sorte que de nombreux  québecois se soient tournés vers la CAQ qui a le mérite de ne jamais avoir pris le pouvoir pour encourir l’ire des électeurs.

Soucieux de renouer avec les « purs et durs » de son parti, JFL a fait le choix de ressusciter indirectement la Charte des valeurs québecoises en exigeant la neutralité religieuse aux fonctionnaires. Une mesure aux contours toujours indéfinis mais qui semble séduire le courant qui s’était mobilisé derrière les Drainville et compagnie du temps de la Charte des valeurs québecoises. Preuve irréfutable que ce débat est toujours d’actualité, une figure de la laïcité, contestée dans sa propre communauté est en train d’effectuer un retour en grâce: Djamila Benhabib, applaudie à tout rompre par les militants péquistes. Un retour triomphal de cet électron libre?

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