Politique

Crise israélo-palestinienne: Quid de la position du Canada?

Image: liberationnews.org
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Au lendemain de la Conférence de paix au Proche-Orient tenue à Madrid en 1991, des négociateurs palestiniens et israéliens ont commencé à se réunir d’abord dans les coulisses puis à la lumière du jour pour trouver une solution viable à un conflit qui durait depuis 1948, date de la création d’Israël. La Déclaration de Balfour, faite par lord
Arthur Balfour, secrétaire au Foreign Office en 1917, a été concrétisée trente ans plus tard suites aux pressions américaines. Quatre guerres entre États et d’autres par organisations interposées ont sanctionné ce conflit que d’aucuns jugent insoluble.

Le processus d’Oslo, mis sur les rails en 1993 devait permettre aux palestiniens et aux israéliens de parvenir à une paix durable reconnaîssant aux premiers le droit d’avoir un état cohabitant pacifiquement aux côtés des seconds. De tous les facteurs de blocage empêchant la concrétisation de cet objectif, deux paraissent insurmontable: D’abord le statut définitif de Jérusalem, ville trois fois sainte et le droit de retour des réfugiés palestiniens. Dans le premier cas, Israël invoque un facteur plus messianique que politique, insistant sur le principe que la ville sainte ne fera jamais l’objet de la moindre concession. Alors que dans le deuxième cas, Israël considère suicidaire un retour massif des réfugiés palestiniens qui ‘ mettrait en péril la démographie israélienne’. Il y a aussi la question des colonies en Cisjordanie et qui est en train d’atteindre un rythme jamais égalé. La victoire de Donald Trump est à ce titre perçue par les Palestiniens comme l’illustration d’une politique laissait peu de marge à la nuance. La promesse de transférer le siège de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem en témoigne.

Pas d’État palestinien, pas de paix

Aujourd’hui, pas une mouche ne peut voler dans ce qu’on qualifie de ‘ territoires palestiniens’ sans l’autorisation d’Israël. Pas un shekel ne put être versé aux fonctionnaires de l’Autorité palestinienne sans l’autorisation de Tel-Aviv et même le ravitaillement en eau potable dépend du bon vouloir d’Israël. Triste bilan pour un processus qui se voulait de paix. Pourtant, la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations-Unies invite clairement Israël à se retirer des territoires occupés en 1967 pour favoriser un climat propice à la paix. Vœu pieux par lequel Israël ne se sent nullement engagé, indépendamment de la couleur des partis politiques qui se sont succédé à la tête de ce pays depuis l’éclatement du conflit.

Maintenant, qu’en est-il du rôle joué par le gouvernement canadien dans ce conflit? Sous les gouvernements conservateurs, tous les œufs ont été mis et en en tout temps dans le même panier israélien, sans s’embarrasser de forme. Sous cet angle, l’administration Harper a constitué le cas extrême de partialité. Dans le cas des libéraux, on a toujours veillé à ce qu’un semblant de neutralité et d’équilibre soit mis en avant, sans trop se mouiller toutefois tenant compte de la sensibilité  du dossier et de la disparité manifeste en termes de penchant, selon qu’on soit au Québec – où l’opinion publique semble acquise à la cause palestinienne – ou en Alberta où les thèses israéliennes semblent avoir plus de défenseurs.

Aujourd’hui, il serait illusoire d’envisager un règlement global du conflit israélo-palestinien qui ne passerait pas par la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État indépendant, par la reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale de cet état, par le démantèlement des colonies et par la libre circulation des palestiniens au sein de leur territoire. Au Canada, ces droits qui paraissent inaliénables trouvent  notamment des oreilles réceptives au sein du Bloc Québecois, de la majorité des élus du NPD et de quelques députés libéraux. Suffisant pour que justice soit faite?

 

 

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Harakat Ismail

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