Sociéte

Culture du viol: Faillite du système éducatif? Oui, mais pas seulement

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Visiblement, la jeunesse marocaine n’a pas vraiment la cote ces derniers temps. Après les attentats de Barcelone, de Cambrils et de la Finlande et après le cas de zoophilie à Mechraa Belksiri, voilà qu’un groupe d’adolescents casablancais  » s’illustre  » en violant sauvagement dans un autobus une jeune fille sans défense pratiquement au vu et au su des passagers et du chauffeur d’autobus lui-même. Deux versions circulent quant à la date où le viol aurait été perpétré. La première sous-tend qu’il aurait eu lieu vendredi 18 août et elle est corroborée par voie de communiqué par la société de transport M’dina Bus où la scène d’horreur a été filmée. La deuxième laisse entendre que cela s’est produit il y a environ trois mois et que ce n’est que samedi 20 août où elle aurait été mise en ligne. Dans le fond, ça ne change absolument rien puisqu’un acte barbare a bel et bien été commis. À partir de la mise en ligne du viol, on pouvait prédire les mesures qui allaient être adoptées par la suite.

D’abord et avant tout, M’dina Bus a mis trois jours – ou trois mois? – pour rendre public un communiqué, ce qui est tout à fait ridicule eu égard à l’indignation généralisée. Cela signifie que si le viol n’avait pas été filmé en direct, on aurait trouvé le moyen de le passer sous silence ou carrément de nier son existence. Deuxièmement, les éléments de la sûreté nationale ont mis à peine 24 heures pour placer  cette vermine en état d’arrestation. Excellente nouvelle, mais aurait-on mis tant de zèle en l’absence de preuves accablantes? Troisièmement, comment diable expliquer l’attitude indigne des passagers ET du chauffeur, incapables du moindre sursaut d’orgueil alors que la jeune fille était en train d’être violée en direct? Le communiqué de tardif de M’dina Bus a essayé de disculper son employé, mais franchement, à l’échelle de bravoure, disons qu’on a vu mieux.

Illettrisme et incivisme

Dans un autre ordre, et cela est presque aussi épouvantable que le viol lui-même, quelques voisins des jeunes voyous ont cherché à disculper les auteurs du viol sous prétexte  » qu’ils sont jeunes  » et  » n’ont pas toute leur tête », attribuant au passage à l’État la plus grosse part de responsabilité dans les événements. Une excuse en tous points injustifiable et qui rappelle étrangement les arguments avancés par les jeunes zoophiles de Mechraa Belksiri qui se sont stupidement défendus en alléguant l’absence d’espaces de jeux dans leur patelin.

Il y a donc un malaise. Un profond malaise qui ronge la société dans son ensemble. Avec raison, de nombreuses voix se sont élevées pour établir la corrélation entre la culture du viol et la faillite du système éducatif. Tout à fait. Mais ça n’explique pas tout, car manque d’instruction ne rime pas nécessairement avec incivisme, et dans de nombreuses société africaines, asiatiques ou même latino-américaines encore plus pauvres que la nôtre et où le taux d’illettrisme est plus élevé, le sens civique y est plus palpable que chez nous. En attendant, c’est toute une image qui est sapée tant à l’échelle nationale qu’internationale et ça va prendre du temps pour la redorer. Autant s’y atteler dès maintenant.

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