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Emmanuel Macron: Après le triomphe attendu, une obligation de résultats

Image: RTL
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Les élections législatives françaises qui se tiendront les 11 et 18 juin verront le mouvement En Marche! créé par le nouveau président de la République Emmanuel Macron faire main basse sur l’Assemblée nationale. Avec plus de 31% lors du premier tour selon les instituts de sondage, le deuxième tour devrait consacrer ces prévisions, permettant au mouvement d’Emmanuel Macron de disposer d’une très confortable majorité. Il s’agit d’une tradition qui ne s’est jamais démentie en France: Tout nouveau chef d’État se voit confier par les électeurs une confortable majorité pour lui permettre de mettre en pratique son programme électoral des des conditions optimales. Les observateurs s’attendent à un scénario comparable à celui de 1993, lorsque l’alliance RPR-UDF conduite par Jacques Chirac avait obtenu 472 sièges à l’Assemblée contre 57 pour le Parti socialiste mené par Laurent Fabius et 24 au profit du Parti communiste dirigé par Georges Marchais.

Aujourd’hui, avec l’entrée en scène de nouvelles formations dans le paysage politique, la victoire d’En Marche! ne sera vraisemblablement pas aussi écrasante, mais aussi bien Les Républicains que le Parti socialiste sont si mal en point que leur capacité de nuisance s’en trouvera annihilée pour un bon bout de temps. Pour ce dernier surtout, le score devrait être pire qu’en 1993, ce qui rend urgente une transformation de ce parti historique. Les instituts de sondage qui, soit dit en passant avaient réalisé un excellent travail lors des présidentielles prédisent désormais près de 400 sièges au profit d’En Marche !, une centaine pour Les Républicains et des miettes pour le reste. Autant dire qu’Emmanuel Macron ne sera confronté à aucune forme de blocage pour mener à bien son programme.

Pas de chèque en blanc

Si tout marche comme sur des roulettes pour le nouveau président de la république, il devrait toutefois garder la tête froide et se rappeler qu’une telle majorité ne signifie pas chèque en blanc donné par l’électorat. La France est en déclin et ce processus se poursuivra avec ou sans Macron. Il ne s’agit donc pas de l’inverser mais de limiter les dégâts et de cohabiter autant que faire se peut avec une donne irréversible. L’emploi sera évidemment le défi principal auquel sera confronté le nouveau président. Sur ce point, il a eu la décence de ne pas promettre des miracles à l’instar de Donald Trump, l’opinion publique française étant sensiblement plus éveillée que celle du Midwest. Mais Emmanuel Macron devra quand même faire ses preuves à ce niveau et faire de l’emploi sa priorité absolue. Le maintien de la popularité de la majorité présidentielle dépendra des résultés engrangés en termes de croissance et d’emploi.

Autres défis pour le nouveau locataire de l’Élysée, la sécurité, la gestion de la crise des banlieues, l’immigration clandestine, la lutte contre le terrorisme, le réchauffement climatique… De gros défis en perspective. Il bénéficie certes des 100 jours de grâce d’usage, mais les résultats ne devraient pas tarder à apparaître s’il ne veut pas subir le sort de ses deux derniers prédécesseurs tombés en disgrâce en moins d’un an. Son entourage a du lui faire comprendre que la lune de miel avec l’opinion publique risque d’être de courte durée si les engagements électoraux ne sont pas traduits sur le terrain. Pour l’instant, cette image de leader rassembleur capable de ratisser large à droite comme à gauche sert ses intérêts à merveille, mais si le tangible n’est pas au rendez-vous, il risque de ne faire que des déçus.

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