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Escalade meurtrière à Gaza: Avec le bonjour de Donald Trump

Image: Global Relay Network
Image: Global Relay Network

Le scénario catastrophe s’est donc produit à Gaza, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il fallait s’y attendre. Le transfert du siège de l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem n’est pas passé comme une lettre à la poste comme l’espérait l’administration américaine. Ce n’est pas parce que l’Arabie Saoudite, l’Égypte et les Émirats entre autres ont lâché les Palestiniens que ces derniers allaient renoncer à leur cause. Et d’ailleurs, pour être plus précis, ce n’est pas la population de ces pays qui a sacrifié la cause palestinienne à l’autel du rapprochement avec Israël, mais les Al Saoud, les Al Nahyan et le régime d’Abdelfattah al Sissi. L’opinion publique de ces pays, elle, n’est pas du tout en phase avec ses dirigeants qui se gargarisent de la protection américaine au nez et à la barbe de leur propre peuple.

La population de Gaza paie donc le prix d’un calcul géopolitique faisant de l’Iran l’ennemi à abattre, et des États-Unis, l’allié inconditionnel, si imprévisible soit-il. Jamais, depuis 1948, date de la création d’Israël, les Palestiniens n’ont semblé à ce point sur la corde raide y inclus par rapport au douloureux épisode de la première guerre du Golfe – 1990-1991-, lorsque les monarchies de la région ont sous-traité la guerre contre Saddam Hussein au prix de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Aujourd’hui, tout semble différent. La question palestinienne n’occupe plus les devants de la scène sur le plan médiatique, même si, paradoxalement elle est récupérée par toutes les organisations extrémistes de la région, à commencer par ce qui reste d’Al Qaida ou de l’État islamique.

Les petits calculs de Donald Trump

À quelques jours de l’officialisation de la décision, les Palestiniens agissent en victimes qui n’ont plus rien à perdre. Puisque les trois pays arabes qui comptent le PIB le plus élevé, à savoir l’Arabie Saoudite, les Émirats et l’Égypte dans l’ordre ont changé leur fusil d’épaule, ils se disent qu’ils vont défendre leur propre intérêt. Même un pays comme le Maroc qui a pris historiquement une position franchement pro-palestinienne souffle le chaud et le froid. La façon dont il a rompu ses relations avec l’Iran à quelques jours de la déclaration de Donald Trump sur la reprise des sanctions suscite beaucoup d’interrogations. Le prétexte invoqué concernant le soutien apporté au Polisario n’a pas vraiment convaincu l’opinion publique marocaine…. alors que le Maroc préside le Comité Al Qods.

Donald Trump est donc en train de « tenir parole » par rapport à plusieurs enjeux internationaux qui ont fait partie de son programme politique. Transfert de l’ambassade en Israël à Jérusalem, retour des sanctions contre l’Iran, réchauffement des relations avec l’Arabie Saoudite… au prix de plusieurs centaines de milliards de dollars… Des décisions extrêmement dangereuses et qui apportent beaucoup d’eau au moulin des compagnies pétrolières et des grands fabricants d’armes. Le problème, c’est que tant d’inconscience pourrait parfaitement se retourner contre les États-Unis, car contrairement au contexte qui prévalait il y a une cinquantaine d’années, les pays de la région  se sont énormément développés militairement et une escalade généralisée pourrait valoir à l’Amérique un bourbier inextricable que l’opinion publique n’acceptera jamais. Pour l’instant, ce sont de petits points marqués par Donald Trump, mais il est possible qu’il s’agisse de points marqués contre son camp.

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