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États-Unis-Iran: Les calculs à risque de Donald Trump

Image: icij.org
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Au lendemain de l’élection du président iranien Hassan Rohani, un déclic majeur s’est opéré dans les relations entre les pays occidentaux et l’Iran. Sans tarder, les États-Unis, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont voulu inscrire cette nouvelle donne sous le signe du déclic puisque les relations avec l’Arabie-Saoudite étaient sur la corde raide. Washington surtout, n’attendait qu’un prétexte pour trouver une alternative au pétrole des Al Saoud dont les américains dépendent depuis la deuxième guerre mondiale. Certes, les Américains exploitent depuis ces dernières années leur propre pétrole. Un pétrole polluant et cher à extraire, mais  assez suffisant pour leurs besoins. L’Iran se présentait à ce titre comme un plan B, puisque nul ne sait de quoi demain sera fait.

En quelques mois seulement, à partir de 2014 notamment, dès que l’Iran est redevenu fréquentable aux yeux des occidentaux, les investissements étrangers ont commencé à affluer avec frénésie. Outre l’industrie pétrolière, l’automobile, la construction, l’hôtellerie…constituent pour les compagnies occidentales un nouveau filon après plus de 30 ans d’embargo. Et il était plus qu’attendu que les grandes multinationales n’allaient pas se faire prier pour renouer avec ce marché de presque 80 millions d’habitants et qui connait une croissance soutenue, en dépit des restrictions internationales qui lui ont été imposées. Des mesures qui ont obligé les Iraniens à développer un esprit industrieux et à subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens. De fait, l’Iran est le pays le moins dépendant du pétrole du toute la région avec une part d’à peine 40% réservée à l’or noir dans le PIB. Ce qui est loin d’être le cas des pays voisins.

La main de l’AIPAC

Aujourd’hui, le nouveau président américain qui avait déjà promis lors de la campagne électorale de remettre en question le bien-fondé du processus de normalisation des pays occidentaux avec l’Iran, vient de démontrer clairement qu’il entendait passer de la parole aux actes. Ainsi, vient-il d’inscrire l’Iran dans la liste des pays dont les citoyens sont considérés comme ‘ indésirables’, y inclus ceux qui sont munis d’une carte verte en bonne et due forme. Quel est le facteur qui s’est avéré décisif dans la décision de Donald Trump? Il doit y en avoir plusieurs, mais dans les coulisses, il apparait évident que le lobby juif américain – AIPAC – a du peser lourd dans la balance, lui qui a multiplié l’activisme tout au long du double mandat de Barak Obama pour dépeindre l’Iran comme une menace imminente. Et comme le nouveau président a promis ‘ d’aller le plus en avant’ dans le partenariat avec Israël, il est permis de tirer certaines conclusions.

Il est difficile de prédire avec exactitude de quoi demain sera fait ou à quoi ressemblera la politique moyen-orientale de Donald Trump, mais quelques indices avant-coureurs permettent d’avoir une idée quant à ses intentions. Connivence totale avec Israël, blocage du processus de normalisation avec l’Iran, Réchauffement avec la Turquie et la Russie…et peut-être même avec l’Arabie Saoudite, même si ce pays est tombé dans une sorte de disgrâce aux yeux de l’administration antérieure. Donald Trump est d’abord un homme d’affaire et ne se privera pas de faire un petit calcul coût-bénéfice avant de passer à l’action. Il est donc probable que la redistribution des cartes s’inscrive dans une logique économique qui tienne compte des intérêts plus que de la géopolitique. Reste à savoir comment réagiront les Allemands, les Français et les Britanniques qui n’accepteront pas de bon cœur une remise en question du dégel qui s’est opéré avec l’Iran.

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Harakat Ismail

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