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Fermeture du bureau de l’OLP à Washington: L’énième fleur de Trump à l’AIPAC

Image: The National
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Non content d’avoir transféré le siège de l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, le Président des États-Unis Donald Trump a franchi un nouveau palier dans sa partialité concernant le dossier israélo-palestinien. En décidant de fermer la représentation diplomatique palestinienne à Washington, le président américain envoie un message on ne peut plus clair au maillon faible du défunt processus de paix: Vous n’allez pas rentrer dans nos bonnes grâces tant et aussi longtemps que vous n’aurez pas pas regagné sagement votre place à la table des négociations. C’est à dire, nous allons multiplier les gestes de provocation jusqu’à ce que vous acceptiez de renouer le contact avec Israël… aux conditions de ce dernier! Voilà comment peut-on interpréter l’énième humiliation infligée par Donald Trump à ce que l’on qualifie d’Autorité palestinienne.

Cette décision intervient quelques jours à peine après l’annulation de l’aide américaine aux territoires palestiniens. Un montant de 200 millions de dollars qui constitue beaucoup pour un peuple privé de la moindre marge de manœuvre à l’intérieur de son territoire. Dans les annales de l’Histoire, il est fort douteux que l’on retrouve une trace d’un pays médiateur à ce point partial et si aveuglément aligné derrière une partie aux dépens du plus faible. Si l’administration Trump était un peu cohérente avec elle même, elle aurait pu prendre purement et simplement part aux négociations de paix au sein de la délégation israélienne. Et même dans ce cas, on peut trouver des voix israéliennes plus modérées et raisonnables que l’équipe de Donald Trump que plus personne ne prend au sérieux, à commencer par les Américains.

Sombres horizons

Concernant les Palestiniens, le calcul est simple: En finir au plus vite avec le mandat de Trump dans l’espoir de voir une administration démocrate plus raisonnable s’installer à la Maison Blanche. Un calcul qui vaut ce qu’il vaut puisqu’il est hors de question désormais de reconsidérer les « acquis » israéliens rendus possibles grâce à l’aliénation du président américain. Tout au plus, une administration démocrate rouvrirait le bureau de l’OLP et débloquerait quelques fonds pour l’Autorité palestinienne, mais jamais au grand jamais elle n’osera relocaliser le nouveau siège de l’ambassade américaine en Israël. Ce serait politiquement suicidaire, surtout vis-à-vis du courant démocrate au sein du tout puissant AIPAC, le lobby juif américain, aussi bien implanté auprès des Démocrates que des Républicains.

À supposer que les Palestiniens acceptent maintenant de reprendre les négociations avec les Israéliens, ce serait sur quelle base? On leur a déjà tout pris ou presque. En plus, ils ne peuvent même plus compter sur la solidarité arabe de façade qui produisait un semblant d’unité sous les Khaled, Zayed, Jaber, Hussein et compagnie. Aujourd’hui, Saoudiens, Émiratis et Égyptiens entre autres ont tourné le dos à la cause palestinienne au nom du « péril » chiite, présenté comme beaucoup plus menaçant qu’Israël. Privés du soutien des principaux pays arabes, les Palestiniens ne peuvent plus compter que sur l’activisme d’une partie de l’opinion publique occidentale qui continue à militer pour que le dossier palestinien continue à occuper les devants de la scène. Insuffisant pour permettre à un peuple en proie à un blocus épouvantable de recouvrer une partie de ses droits fondamentaux.

 

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