Sport

Football marocain : Un décalage entre infrastructures et résultats

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Académie Mohammed VI de football, Centre National des Sports Moulay Rachid, une ligue de football professionnel, des stades d’une qualité exceptionnelle et pratiquement incomparables à l’échelle africaine, hormis peut-être l’Afrique du Sud…Le Maroc s’est doté depuis les années 1990 d’outils de qualité pour faire du football la vitrine du sport national. Sur le plan infrastructurel, nous sommes à des années lumière du contexte dans lequel le Maroc s’entêtait à présenter des dossier de candidature à l’organisation de la coupe du monde, avec deux stades répondant aux normes de la FIFA, un réseau autoroutier insignifiant et une infrastructure hôtelière loin de pouvoir endiguer le flux attendu d’une clientèle touristique de la dimension d’une coupe du monde.
En une quinzaine ou une vingtaine d’années, à peine, le Maroc s’est débarrassé de ses maquettes ridicules pour proposer enfin des infrastructures concrètes et à tous les égards, suscitant l’admiration de tout le continent. Une question cruciale se pose cependant. Un effort aussi colossal consenti en chantiers, en formation, en image…s’est-il accompagné de résultats conséquents sur le plan sportif? La question mérite d’être posée. Le football marocain est absent de la coupe du monde de football depuis 1998 et la dernière consécration d’un club du Royaume en Ligue des champions d’Afrique remonte à 1999. Sans parler d’un bilan très pauvre aux Jeux Olympiques où le Maroc peine à se qualifier, et quand il y parvient, ne franchit jamais le cap du premier tour.

Installations jalousées…mais pour quels résultats?

À quoi bon injecter des sommes mirifiques en infrastructures et en formation si les résultats tardent à ce point à donner un sens à l’effort financier? Et dire que nos cadres figurent parmi ce qui se fait de mieux à l’échelle arabe et africaine. Pour les faire venir de France – Nasser Larguet- ou des pays du Golfe- Hassan Harmatallah-, il a fallu se montrer convaincant, notamment sur le plan sportif en expliquant la viabilité du projet. N’empêche que les résultats sont pour l’instant inversement proportionnels à l’effort consenti.
L’Algérie, avec son pétrole et son gaz naturel est très loin d’égaler nos infrastructures. Pour s’en convaincre, il suffit de poser la question à des amis du Maroc comme Mahieddine Khalef ou Abdelhaq Benchikha. Ils vous diraient d’emblée qu’il n’y a pas photo. Et pourtant, l’Algérie s’est qualifiée aux phases finales de deux coupes du monde de suite, signant même un excellent parcours au Brésil, et l’USM Alger a remporté l’édition 2014 de la Ligue des champions d’Afrique tout se qualifiant pour les demi-finales de l’édition 2015. Au même moment, le Maroc a investi des sommes considérables pour des résultats mitigés. Pire encore lorsqu’on compare nos performances avec celles de plusieurs sélections africaines qui ne figuraient sur aucune carte et qui sont devenus compétitives ces dernières années. Gabon, Cap Vert, Mauritanie, Burkina Faso…font désormais mieux que nous avec des moyens infiniment plus limités alors que jusqu’aux années 1980, quand on affrontait ces sélections, la question n’était pas de savoir si allait les battre mais quel allait être l’ampleur du score.
La donne avec laquelle il faut composer, c’est l’évolution significative du football africain, alors que le Maroc fait du surplace pour ne pas dire qu’il a régressé. Ces prétendues petites équipes représentant des pays de moins de quatre ou cinq millions d’habitants sont désormais en mesure de nous faire un mal fou et dans leur grande majorité, elles doivent se rabattre sur leur unique stade national pour leurs entrainements, alors que le Maroc a l’embarras du choix, de Tanger à Agadir. Et si le côté athlétique expliquait ce sursaut significatif du football africain? Une question sur laquelle il faudra se pencher pour expliquer en partie le recul du football marocain.

 

 

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Harakat Ismail

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