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Iran-États-Unis: Un dément isolé.

Image: Caradisiac
Image: Caradisiac

Le retrait attendu des États-Unis de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran suggère différentes lectures. De prime abord, il témoigne d’un empressement manifesté par le président Donald Trump à liquider l’héritage de son prédécesseur Barack Obama, après l’Obamacare et autres remises en question. Ensuite, il illustre sans ambages l’alignement aveugle de l’actuelle administration derrière Israël. Et finalement, il fournit la preuve de l’état d’esprit belliqueux qui anime l’actuel locataire de la Maison Blanche. En cumulant le tout, on obtient une situation explosive et pouvant dégénérer à tout moment. Dans l’hypothèse d’un scénario catastrophe, Donald Trump gagnerait à retenir ceci: L’Iran de 2018 n’est pas une république bananière qu’on peut assujettir à distance. C’est une véritable puissance régionale qui vaut beaucoup plus qu’un état satellite. Un pays qui produit une partie de ses propres armes et de sa propre technologie et qui est considéré comme le moins dépendant du pétrole de tous les pays producteurs de la région.

Dans un autre ordre, l’Iran peut compter sur moult complicités qui rendraient presque caduc un retour au bon vieux temps de l’embargo, suite à la Révolution de 1979. Entre le voisin irakien, à 60% chiite, le voisin afghan, historiquement lié à l’Iran à travers l’ethnie Hazara, les chiites de Syrie et du Liban, la capacité de nuisance de l’Iran est énorme. Plus redoutable encore que ce représentait le Vietnam dans les années 1970. Avec en plus, des reliefs tout aussi accidentés, rendant toute occupation terrestre périlleuse. Et même si le scénario d’une invasion n’est pas à l’ordre du jour, les Iraniens se feraient un malin plaisir de s’en prendre aux bases américaines dans les pays du Golfe… et ils en ont largement les moyens.

L’isolement de Donald Trump

Autre mauvaise nouvelle pour Donald Trump, les autres pays européens signataires de l’accord de 2015 ne comptent pas du tout suivre Donald Trump dans son délire. Ce qui réduit au minimum la portée des sanctions puisque la France, l’Angleterre, l’Italie et surtout l’Allemagne sont les véritables partenaires commerciaux qui comptent. Les Renault, Volkswagen, Fiat et autres multinationales européennes détiennent un pouvoir énorme se chiffrant en plusieurs milliers d’emplois. Il y a donc fort à parier que leur réinstallation en Iran à partir de 2015 s’inscrit dans la durée. Sur ce point, ils sont sur la même longueur d’ondes que leurs gouvernements, ce qui constitue une bonne nouvelle pour eux et pour l’Iran.

À brève échéance, il y a un autre effet pervers lié à cette tension à prendre en considération: Le prix du baril renouera avec la hausse, ce qui est déjà une réalité et aura une incidence directe sur toutes les denrées tributaires du coût du transport. Et que dire de la Russie dans toute cette histoire? Une pays friand d’hégémonie et qui ne compte nullement se laisser intimider par Donald Trump. D’ailleurs, les derniers défilés militaires organisés sur la Place Rouge donnent la chair de poule et on voit vraiment mal les États-Unis contrarier au-delà d’un certain seuil un rival militaire extrêmement puissant et qui cultive depuis quelques années avec l’Iran et la Turquie une méfiance instinctive vis-à-vis des États-Unis et de leurs alliés occidentaux. Autant dire que le président américain est en train de fournir des munitions à l’axe Moscou-Téhéran-Ankara qu’on présente d’ores et déjà comme le modèle anti-occidental en devenir!

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