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Iran: Vers une accalmie ou une contre-révolution?

Image: RTVE.es
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Le Printemps arabe s’était déclenché exactement pour les mêmes motifs. Cherté du coup de la vie, chômage, revue à la baisse des denrées subventionnées… C’est ce qui se passe aujourd’hui en Iran. Des jeunes tombent, les appels au calme sont superbement ignorés et la police révolutionnaire ne fait plus peur. Une chose semble certaine: Plus rien ne sera comme avant même si le pouvoir parvient à imposer un retour au calme à coups de promesses ou à coups de répression. Déjà, à la veille des manifestations, le régime incarné par le Guide suprême de la révolution Ali Khamenei avait lâché du lest en levant l’interdiction faite aux femmes de se voiler, ce qui constitue une victoire considérable pour le courant le plus à gauche des pro-Rohani et un flagrant pied de nez aux Conservateurs.

Dans l’hypothèse d’un retour au calme, le régime sera donc constamment défié et la fameuse Pasdaran, Corps des Gardiens de la révolution islamique fera l’objet de railleries et plus personne ne fera cas de ses injonctions. L’ère des remontrances pour cause de touffe de cheveux qui déborde d’un foulard semble révolue et les manifestants aujourd’hui poussent la provocation jusqu’à scander des slogans à la gloire du Shah Pahlavi au sein même de la ville de Qom, fief de la Révolution  de janvier 1979. Une insulte à nulle autre pareille et qui donne une idée de la gravité de la situation. Le pouvoir ne fait plus peur et la figure du Guide suprême est désormais traînée dans la boue, ce qui ne semble pas trop prêter à conséquence.

Un contexte explosif

La dégringolade des prix du pétrole, délibérément provoquée par les États-Unis en 2012-2013 est en train de faire mouche. Tous les produits exportés sont devenus très chers et le ministère des Finances n’avait pas d’autre alternative que de réduire de manière drastique les avantages sociaux pour ne pas alourdir l’endettement. Cependant et en dépit de la menace qui pèse sur République islamique, ce pays est le moins dépendant du pétrole de tous les pays producteurs de la région, tout en étant l’un des premiers producteurs de l’or noir. Une leçon que le pays a retenue depuis la guerre irano-irakienne et qui a obligé le régime de Khomeini à l’époque à diversifier l’économie dans un contexte d’embargo et d’isolement international. Sous cet angle, l’Iran ne peut en aucun cas être comparé à l’Arabie Saoudite ou même à un pays comme l’Algérie qui dépendent des hydrocarbures à près de 90 %

Dans toute la région, le contexte est aujourd’hui explosif et la situation qui prévaut dans la République islamique suscite davantage d’interrogations qu’elle n’apporte de réponses. L’Arabie Saoudite et Israël qui s’entendent comme larrons en foire ces derniers temps sont-ils en train de donner un coup de pouce aux manifestants? Les États-Unis sont-ils en train de tirer quelques ficelles? Et si ça devait dégénérer en Iran en un mouvement comparable à celui des de la Tunisie, de l’Égypte, de la Libye, du Yémen ou de la Syrie, quelle attitude adoptera alors la Russie sachant qu’au-delà de toute idéologie, ces deux pays sont condamnés à s’entendre dans le contexte actuel ? Ce la fait beaucoup de questions et bien malin aujourd’hui serait celui qui aurait la prétention de détenir des éléments de réponse fiables.

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