International

Italie: Les populistes du mouvement 5 Étoiles cassent la baraque!

Image: Libération
Image: Libération

L’Italie s’achemine vers une longue période d’incertitude politique suite aux élections législatives du 4 mars. Officiellement, c’est le mouvement Cinq Étoiles qui devrait être appelé à conduire de périlleuses négociations en vue de constituer un gouvernement, puisqu’il est arrivé largement en tête avec 32,6% des voix. Son leader, Luigi Di Maio a d’ailleurs rapidement fait valoir ses droits à former le prochain gouvernement, mais aucun autre parti politique n’a esquissé la possibilité de servir d’appoint à M. Di Maio. Il faut dire que le Mouvement 5 Étoiles traîne une réputation peu élogieuse de parti anti-système qui ne doit sa popularité que grâce au rejet massif qu’inspirent la droite et la gauche traditionnelles dans le pays transalpin. Sous Beppe Grillo, le fondateur du mouvement en 2009, l’engouement avait commencé dans le sillage de la crise économique qui avait frappé de plein fouet le Vieux Continent.

Certains observateurs avaient alors, à tort, pronostiqué une durée de vie éphémère pour ce mouvement atypique dont l’essentiel du programme consiste à pourfendre le système en mettant l’accent sur les innombrables cas de corruption, mais sans offrir réellement d’alternative. Le phénomène 5 Étoiles n’est pas sans rappeler le cas Coluche lors de la campagne présidentielle française en 1981. À l’époque, l’humoriste de légende avait lancé à la blague l’idée de se présenter en tant que candidat. Il n’en fallait pas plus pour que son nom soit inclus dans les sondages et que tout le microcosme politique s’enflamme. De fait, en décembre 1980, des sondages le plaçaient à 11% des intentions de vote… avant Jacques Chirac ou Brice Lalonde. Mis sous pression, il a fini par rejeter toute possibilité d’aller de l’avant puisque lui-même ne se prenait pas au sérieux.

Contre et non pas pour

Dans le cas de Beppe Grillo, également humoriste, il est probable que lui aussi ait lancé son mouvement en guise de boutade avant de réaliser que l’opinion publique italienne était disposée à voter pour Belzébuth en personne, tellement le rejet qu’inspiraient les partis traditionnels était massif. Ce qui rejoint d’ailleurs le phénomène observé en France, en Hongrie, en Autriche ou en Grèce où les mouvement dits « anti-système » cassent la baraque.Pour le successeur  de Beppe Grillo, Luigi di Maio, cela parait très difficile puisqu’aucun parti ne se sent pour le moment disposé à lui servir de béquille, pour reprendre la formule employée par Matteo Renzi, l’ancien Chef du gouvernement. Chose certaine, que ce soit dans une éventuelle majorité gouvernementale ou dans l’opposition, le mouvement 5 Étoiles est appelé à jouer un rôle tout à fait prépondérant et il va falloir composer avec lui indépendamment de l’incompétence qu’on lui prête.

Visiblement, les séquelles de la période allant de 2008 à 2013 sont toujours palpables et les élections italiens ne font que traduire un malaise généralisé ressenti aussi bien en Espagne – cas Podemos – qu’en France – Front National -, en Autriche – FPO – ou ailleurs. Des formations qui profitent d’un mécontentement sans précédent visant les partis traditionnels. D’ailleurs, même aux États-Unis, faute de pouvoir faire émerger une alternative aux Républicains et aux Démocrates, les électeurs ont voté pour le plus anti-système des candidats, tout en étant, en majorité, convaincus qu’il n’avait pas l’étoffe d’un chef d’État. Autant dire que les gens dans les sociétés occidentales on de plus en plus tendance à voter contre et non pas pour!

 

 

À propos de l'auteur

Espace MRE

Ajouter un commentaire

Cliquer pour envoyer un commentaire