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Jérusalem: La bombe à retardement de Donald Trump

Image: El Periodico
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Le Président des États-Unis Donald Trump est donc fermement décidé à aller de l’avant et à mettre en application l’un de ses nombreux engagements électoraux: L’ambassade des État-Unis en Israël sera bel et bien transférée à Jérusalem. Depuis la création de l’État hébreu en 1948, dans les conditions que l’on sait, de nombreux présidents américains, notamment républicains  ont fait de cette question une promesse électorale. Toutefois, face aux répercussions attendues de la mise en pratique d’une telle décision, tous se sont abstenus de franchir le pas. Donald Trump, lui, ne semble s’embarrasser d’aucune considération diplomatique et se moque parfaitement des conséquences.

Depuis 2003 et le déclenchement de la deuxième guerre du Golfe sur la base de l’existence des armes de destruction massive en Irak, la question de la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient semble avoir largement éclipsé la crise palestinienne. Ce n’est pas faux. Al Qaïda, puis Daech ont considérablement occupé les devants de la scène sur le plan médiatique et l’intérêt de l’opinion publique internationale s’est le plus naturellement du monde reporté sur la lutte contre le terrorisme. Pourtant, quand on décortique le programme des fondamentalistes, la question de la « libération » de Jérusalem ( Al Qods) figure parmi leurs toutes premières préoccupations. Considérée comme le troisième Lieu Saint de l’Islam, la partie orientale de cette ville a revêtu une importance cruciale pour les Ben Laden, Al Zawahiri, Al Zarkaoui, Al Baghdadi et compagnie. Elle  a en effet agi comme un cri de ralliement permettant d’embrigader de nombreux jeunes dans le monde musulman comme dans les banlieues européennes au nom de l’impératif de la libération. Autant dire que Jérusalem se trouve au cœur même de la guerre sainte.

Partialité totale

Voilà donc ce que s’apprête à faire le président Donald Trump. En concrétisant sa promesse électorale portant sur le transfert du siège de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, il risque bel et bien de remobiliser tous ceux qui croient à l’idéal jihadiste. En effet, si aujourd’hui Daech se trouve sur la corde raide et que sa chute définitive en Irak et et en Syrie est imminente après la perte des derniers foyers, difficile de prévoir quelles seraient les retombées de la décision de Donald Trump en termes de remobilisation des candidats au Jihad. Car c’est une hypothèse à ne pas écarter du tout. Et ce n’est pas nécessairement en terre de Palestine que ça se passera. Les as de la récupération peuvent se trouver aussi bien au Yémen qu’au Soudan ou au Sinaï.

Donald Trump agit donc bel et bien en irresponsable incapable d’écouter le moindre conseil. Pour justifier sa décision, il a fourni l’argument suivant: « Le fait que l’on ait repoussé indéfiniment cette décision n’a aidé en rien le processus de paix ». Une réflexion parfaitement stupide, car la question est plutôt de savoir en quoi une telle mesure pourrait promouvoir un processus de paix moribond. Aujourd’hui, le degré de partialité affiché par les Américains en faveur d’Israël a atteint des proportions alarmantes. Donald Trump agit en lieu et place de du fameux lobby juif américain AIPAC et de la droite israélienne. Dans ces conditions, les perspectives de relance du processus de paix au Moyen-Orient sont quasiment nulles.

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