Migrance

Khaoula Alami, voyagiste canado-marocaine: ‘ Pourquoi j’ai lancé NADOMAR’

Si la tendance est largement favorable au flux migratoire vers le Canada, comme en témoigne la présence de 130 ooo marocain dans cette partie du Nouveau Monde, certains, et ils sont de plus en plus nombreux, prennent le chemin inverse. Khaoula Alami est du nombre. Installée en famille au Canada il y a plus d’une dizaine d’années, après une vie professionnelle au Maroc en rapport avec ce qu’elle fait actuellement, elle est passée par toutes les étapes et tous les états d’âme que n’importe quel immigrant a connus. Recherche d’appartement, démarches d’emplois, déceptions puis ouverture, déneigement…Personne n’y échappe au Québec.

Comme la plupart des nouveaux arrivants, la jeune femme native de Fès a fini par s’intégrer et à se fondre dans le paysage. Ainsi, lorsque l’idée de rentrer au pays a commencé à prendre corps, sa situation professionnelle n’était pas à plaindre, mais d’autres facteurs entraient en considération:  » J’étais toujours liée à ma famille, et je ne me voyais pas passer le restant de ma vie loin d’eux. Ma décision de rentrer au pays était prise pratiquement dès les premiers temps de mon installation au Québec. Pourtant, il était hors de question pour moi d’intégrer telle ou telle institution en tant que salariée. Je savais ce que je voulais, et ce que je voulais, c’était de m’installer pour mon propre compte ».

Avant son départ pour le Canada, Khaoula avait déjà décroché son permis de guide touristique à une période où très rares étaient les femmes marocaines qui en possédaient un. Elle connaissait par conséquent la réalité du secteur et khaoula 3

ne s’aventurait pas en terrain inconnu. À son retour au pays, elle jette son dévolu sur l’Agdal à Rabat, l’un des endroits les plus prisés de la capitale pour ouvrir son agence de voyage, à laquelle elle a donné le nom de NADOMAR, en référence à sa fille Nadia et à son jeune frère Omar, disparu dans des conditions tragiques. Et c’est avec son autre frère, l’aîné de la fratrie, guide professionnel et qui maîtrise plusieurs langues, qu’elle franchit le pas en 2014.

Sur tous les fronts

Aujourd’hui, les liens de Khaoula avec le Québec et le Canada sont loin d’être rompus. Non seulement elle y est revenue à plusieurs reprises depuis son départ pour se ressourcer, mais elle espère miser sur son réseau pour faire de la clientèle québecoise et canadienne l’un des piliers de son agence.  » Je m’active dans ce sens en dépit de toutes les difficultés inhérentes au lancement d’une entreprise. Mais, je compte multiplier les démarches pour intéresser notre cible à toute la gamme d’offres que nous proposons. Qu’il s’agisse du tourisme balnéaire ou montagnard, du tourisme écologique, culturel ou même spirituel, nous nous adaptons à la demande et agissons en conséquence ».

Khaoula Alami accorde également un intérêt spécial à la clientèle marocaine désireuse de mieux connaitre son propre pays et propose des circuits d’une durée d’une semaine en moyenne, couvrant toutes les régions du pays. Un choix évidemment dicté par la demande puisque l’expérience a appris aux professionnels du tourisme que les Marocains ne connaissent qu’imparfaitement leur propre pays et la majorité préfère ne pas s’aventurer en terrain inconnu. L’avantage avec NADOMAR, c’est que les circuits en question sont justement destinés à les sensibiliser quant aux mille et une merveilles que recèle le Maroc dans ses moindres recoins. Les sillons sont tracés. L’intendance doit suivre…en dépit d’une réalité du marché peu propice à la saine concurrence et à la transparence.

 

À propos de l'auteur

Harakat Ismail

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