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La victoire de Jair Bolsonaro : Le destin brésilien est désormais militaire

Image: Ouest-France
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Celui qui connaît très bien l’histoire politique du Brésil, mais surtout l’évolution de sa carte électorale, ne sera pas surpris de ce virage politique vers l’extrême droite. Ainsi, ce changement voulu par la population est un désir de rompre avec un modèle de gouvernance où la corruption économique flagrante est fortement présente et accompagnée d’une crise de confiance aiguë au sein de sa classe politique. Ce constat est un trait qui a marqué l’évolution électorale pour cette campagne politique. Si la campagne électorale était caractérisée par un double discours politique, ainsi que fondée sur un dialogue d’accusation et de versions populistes, les propos haineux ont alimenté la ligne linguistique adoptée par Jair Bolsonaro pour séduire les esprits  suivant le modèle trumpiste. Ancien militaire, et profondément endoctriné d’une idéologie de repli identitaire, le nouveau président du Brésil sera à l’épreuve d’un examen politique, mais surtout aussi démocratique.

Or, s’il a témoigné de respecter le texte constitutionnel, ses positions envers les institutions politiques rassurent moins les observateurs de l’évolution démocratique dans ce pays de l’Amérique du Sud. Le trait autoritaire, mais aussi l’autoritarisme, seront sans doute présents dans la nouvelle gouvernance politique de son nouveau mandat. Cependant, le nouveau président du Brésil, mènera difficilement ses premiers mois entant que chef d’État, étant donné la situation politique mouvementée qui exigent des actions immédiates d’un côté, et une veille sérieuse de la communauté internationale quant à son modèle de gouvernance, d’un autre côté. Toutefois, dans un exercice démocratique, respecter les institutions, la démocratie et l’État de droit, constituent la grille d’évaluation indispensable pour chaque responsable politique afin de juger sa bonne foi ainsi que sa maturité politique envers les citoyens et l’appareil étatique. C’est aussi l’un des moyens pour aspirer à une certaine légitimité internationale en faveur de son régime en place. Devant son ego dictatorial, le parquet, la cours suprême et le congrès, vont subir une pression politique et des actions démagogiques qui ne faciliteront pas, assurément, leurs tâches de temporisateurs démocratiques au sein d’une société en mutation politique et en pleine exercice démocratique.

Démagogie?

Si les nouvelles démagogies empruntées par les mouvements d’extrême droite réussissent à charmer davantage l’électorat dans un certain nombre de pays, c’est que le repli identitaire est un choix auquel ces populations font appel pour des raisons, généralement, de crises économiques. Cela pourrait être aussi dû à un réveil des cicatrices du passé. Un retour sur la construction linguistique de son discours politique, le nouveau président du Brésil, à fait appel, tout au long de sa campagne électorale, à un langage simple et très proche de la construction expressive des jeunes. Un discours populiste, mais accompagné d’un style provoquant qui repose sur des solutions simples et compréhensibles par la majorité des citoyens. Outre son discours politique, son choix stratégique des alternatives proposées ont fait la différence lors de cette campagne électorale, et c’est cette différence qui a créé le changement tant voulu et attendu par les citoyens.

Par ailleurs, son passage d’une conviction pour un protectionnisme économique à un admirateur des marchés libres, démontre sa prise de conscience politique de la réalité économique du pays, mais aussi sa capacité d’adaptabilité et de flexibilité politique dans ces choix de gouvernance publique. Jair Bolsonaro, ce nouveau président d’extrême droite, n’a pas emprunté seulement le trumpisme à l’américaine pour ces choix électoraux, mais il se présente désormais comme un président qui va gouverner le Brésil à la manière de Donald Trump.

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Moulay Hicham Mouatadid

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