Politique

Le fédéral et le multiculturalisme: Une mise à mort du français à petit feu

Image: lactualite.com
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Les déclarations à répétition des responsables fédéraux plaidant pour un multiculturalisme béat où anglais et français cohabiteraient côte à côte au Canada impliquent une bonne dose de risque. Dès qu’on quitte le Québec et hormis quelques ilots de la francophonie au Nouveau Brunswick ou à Ottawa, vous auriez les pires difficultés à entendre parler français. Sous cet angle, le multiculturalisme tous azimuts constitue de facto une menace directe quant à la survie de cette langue. Le gouvernement fédéral, fort du soutien inconditionnel de toutes les communautés non francophones et des nouveaux arrivants sait qu’il caresse son électorat potentiel dans le sens du poil y inclus au Québec, notamment à Montréal et dans l’Outaouais.

La stratégie est toute simple: Faire ancrer l’idée du multiculturalisme dans l’esprit de tous pour asseoir durablement sa popularité auprès de sa base. Sous cet angle, un plaidoyer pour le bilinguisme à tous les niveaux consacrerait de facto la domination de la langue majoritaire aux dépens de la deuxième langue officielle qui, elle se trouve dans un contexte de survie. Autant dire que le risque d’absorption d’une culture par une autre est manifeste. Et c’est ce que les responsables fédéraux font semblant d’ignorer. En décortiquant certaines déclarations comme celle de Mélanie Joly ministre fédérale su Patrimoine, on réalise sans tarder qu’Ottawa promeut l’idée d’une cohabitation linguistique et culturelle au nom de la ‘ liberté de choix’ de tout un chacun. Démocratique au niveau du discours, mais…les conséquences seraient désastreuses pour le Québec.

Vigilance et fermeté

Le libre choix reviendrait par exemple à donner le feu vert à tous les parents d’inscrire leurs enfants soit à l’école anglaise soit à l’école française. Avec les mêmes critères d’admission, c’est à dire gratuité de scolarité dès le primaire. Dans une ville comme Montréal où l’anglais – souvent de mauvaise qualité mais c’est de l’anglais quand même- est omniprésent, un bonne majorité de parents opterait sans hésiter pour l’école anglaise…y inclus parmi les nouveaux arrivants francophones. Ces derniers vont d’abord penser aux débouchés qu’offre l’enseignement de l’anglais sur le marché de l’emploi avant de penser au péril qui pèse sur la survie de la langue française au Québec. Ils vont se dire alors que de toute façon, ils auront toujours le temps d’apprendre le français à la maison ou dehors. La liberté de choix assènerait alors une véritable estocade à cette langue et conforterait pour de bon la suprématie de l’anglais dans la métropole.

Le Québec gagnerait à faire montre d’un maximum de vigilance et de fermeté face au fédéral en donnant un tour de vis à la question du bilinguisme. Parallèlement, il faut miser fortement sur le français en tant qu’outil d’insertion sociale et professionnelle pour que les parents soient à l’abri du besoin d’inscrire leurs enfants dans des écoles anglaises. Si le français devient attractif et synonyme de débouchés sur le marché de l’emploi, la tendance s’inverserait naturellement. En outre, il urge que les bureaucrates du ministère de l’Immigration du Québec réalisent que les délais de traitement des dossiers provinciaux découragent les candidats francophones à l’établissent dans la Belle Province. Ça ne prendrait pas des sommes mirobolantes pour assouplir des procédures souvent tatillonnes, alors que justement le Québec a plus que jamais besoin d’une main d’œuvre francophone qualifiée et rapidement opérationnelle.

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Harakat Ismail

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