Sport

Le football marocain à la croisée des chemins

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L’éviction  de l’entraîneur Baddou Zaki par la Fédération Royale Marocaine de Football(FRMF) et son remplacement par le français Hervé Renard révèle, si cela était encore nécessaire de le rappeler, la mauvaise santé du sport chéri des foules.

 Ce licenciement, outre sa manière  cavalière, fournit l’occasion d’analyser la situation peu reluisante de ce sport populaire qui engloutit un budget pharaonique.

Le retour des « Lions de l’Atlas » et le début de l’ère Renard

Hervé Renard, qui a remporté la CAN successivement avec la Zambie et la Côte d’Ivoire, va-t-il réitérer cet exploit avec la sélection marocaine.
Tout le peuple marocain en rêve.
C’est pourquoi, le premier match d’Hervé Renard avec « Les lions de l’Atlas » était attendu avec impatience mais avec beaucoup de craintes.
Le « Sorcier français » a débuté du bon pied. Il entame sa carrière au Maroc avec une victoire sur le Cap-Vert, l’équipe la mieux classée par la FIFA et à l’extérieur, SVP !
Mais, au-delà du résultat, ce qui impressionne, ce sont la manière et l’état d’esprit.
Le public africain a découvert une équipe marocaine New-look , conquérante, combative, soudée et disciplinée. Un véritable gage pour l’avenir.

 De récents résultats désastreux

 –Élimination dès le premier tour de l’Équipe nationale, issue  de la Botola Pro, au premier tour de la CHAN 2016

–Non qualification de la sélection des U23 aux Jeux Olympiques de Rio prévus en juin 2016

–Élimination de la sélection des U20 de la CM 2015

–Rares et faibles apparitions de la sélection féminine

–La sélection des séniors est toujours en course pour la CAN 2017 et pour le Mondial 2018 mais les prestations  ont été tellement peu convaincantes qu’elles ont accéléré le départ de Zaki

–Une Botola pro faible avec un spectacle de bas niveau

–Développement du hooliganisme

–Multiplication des erreurs d’arbitrage

–Élimination précoce  des clubs dans les compétitions africaines

Les causes sont multiples et concernent tous les acteurs : que ce soient les joueurs, les entraîneurs voire les médias mais  aussi et surtout la fédération, en tant que principale  source  des décisions et en tant que détenteur des moyens. Reste la principale cause de l’échec.

Une fédération inefficace qui n’assure pas son rôle

— Un ministère de la Jeunesse et des Sports effacé et dépassé
–Une Fédération incompétente, dépensière et qui se cantonne dans un rôle strictement administratif
–Une Botola Pro où il  y  a encore  des clubs  qui ne remplissent pas les conditions du cahier des charges du professionnalisme ; La principale conséquence, c’est que très peu de joueurs locaux atteignent le niveau international pour renforcer l’équipe nationale ;
–Des joueurs professionnels, venus des quatre coins d’Europe, combatifs avec leurs clubs mais qui deviennent des touristes avec l’Équipe nationale

–Des infrastructures (4 complexes sportifs : Fès, Marrakech, Tanger et Agadir)  ayant englouti un budget pharaonique mais qui seront sous-utilisés et, poseront, à court terme, de grands problèmes  au niveau de l’entretien et de la maintenance
–Une fédération opaque qui ne communique pas malgré  l’existence d’un site web

–Dilapidation budgétaire

–Développement du hooliganisme

–Instabilité technique : Depuis Zaki, en 2004, pas moins de 10 entraîneurs se sont relayés à la tête de l’équipe nationale :

1.Philippe Troussier( quelques semaines en 2005, sans avoir dirigé aucun match)
2.M’Hammed Fakher(2006-2007)
3.Henri Michel (2007-2008)
4.Fethi Jamal(2008)
5.Roger Lemerre(2008-2009)
6.Un quatuor marocain dirigé par Hassan Moumen(2009-2010)
7.Dominique Cuperly, intérimaire d’Éric Gerets(2 010)
8.Éric Gérets(2010-2012)
9.Rachid Taoussi(2012-2013)

  1. Badou Zaki(2014-2016)

Depuis février 2016, la sélection est entre les mains du français Hervé Renard.

À la fin, il y a lieu de rappeler pourquoi on parle de passé glorieux du football marocain, malgré des performances en deçà  des attentes.

 

Hervé Renard au chevet des Lions de l'Atlas. www.africasports.com
Hervé Renard au chevet des Lions de l’Atlas. www.africasports.com

Un passé glorieux riche en prouesses africaines

1.Première sélection africaine à se qualifier à la phase finale d’une Coupe du monde(1970). L’Égypte avait certes pris part à la Coupe du monde de 1934, mais sans disputer de tournoi de qualification.

2.Première sélection africaine à passer au deuxième tour d’une Coupe du monde(1986) ;
3.Premier africain à officier, en la  personne de feu Saïd Belkola, une finale de Coupe du monde(1998)
4.Unique équipe africaine à avoir été classée dans le top 10 du classement FIFA durant trois années consécutives ( 1997-1998-1999)
5.Premier pays africain à avoir participé, grâce au Raja de Casablanca, à la coupe du monde des clubs en 2000, au Brésil ; ce même club a atteint la finale de cette compétition au Maroc en 2013

  1. Premier pays africain à avoir déposé un dossier de candidature pour l’organisation d’une Coupe du monde (celle de 1994) ;
    Cependant, toutes ces réalisations ont été accompagnées de résultats en dents de scie.

Des performances mi-figue mi-raisin

Jusqu’en 2004, les performances et les résultats vont connaitre des hauts et des bas, comme le montre le bilan suivant :
1.Un seul titre de champion d’Afrique, obtenu en 1976 ;
2.Une participation à la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), en 2004 ;
3.Trois participations en demi-finale de la CAN (1980-1986-1988) ;
4.Quatre participations en coupe du monde (1970-1986-1994-1998) ;
5.Quatre joueurs Ballon d’Or Africain : Faras, Timoumi, Zaki et Mustapha Hajji.
Pour terminer, un appel : « Messieurs les joueurs, les entraîneurs et les membres de la fédération, rendez aux marocains leur football! ».

À propos de l'auteur

Redouane Bnou Nouçair

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