Culture

Le marketing littéraire

Image: FMSH
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Dans un monde à vocation capitaliste, où l’économie est la pièce maitresse de l’échiquier, presque toute activité humaine devient un produit soumis aux exigences de l’offre et la demande. La littérature malheureusement, ne fait pas exception à cette loi monstre, qui n’épargne ni efforts ni moyens pour répondre à ses besoins entièrement matériels. Cette gestion inappropriée de l’intellect, réduit la littérature à une équation démesurée et déplacée. On est même arrivé au point où les œuvres littéraires aujourd’hui, sont conçues en fonction d’une demande dénaturée du marcher, pour cibler un lectorat plus large et moins éduqué, ainsi garantir un rendement financier important aux éditeurs, hantés seulement par les chiffres, au détriment de la qualité littéraire des ouvres.

Ne pas se soumettre à cette règle d’or du succès, risque d’occasionner l’éclipse des auteurs désobéissants. Face à cette réalité féroce, dépourvue de toute conscience éclairée, l’auteur se trouve forcé lui-même à exercer le rôle du vendeur sans ou avec les compétences et les habiletés requises, pour atteindre ses lecteurs. Agir de la sorte, n’est-il pas une Trahison à son inspiration et à l’authenticité de sa création? Alors que cette tâche n’est absolument pas la sienne, ou ne devrait pas l’être au moins. Il n’est pas surprenant dans ces circonstances de voir les agents littéraires commercialiser la médiocrité, tant qu’elle répond aux faux besoins d’un lectorat pris dans le filet de la confusion et la fluctuation des standards et des repères qui donnent vraiment forme et contenu aux œuvres littéraires. Quand écrire et vendre se mélangent il ne faut pas s’attendre à des miracles littéraires. Comme ces écrits largement médiatisés, et conçus parfaitement pour des occasions autres que littéraires.

Littérature ou commerce?

Il n y a pas si longtemps, l’œuvre littéraire n’avait besoin que de sa propre valeur afin d’atteindre et convaincre le lecteur. D’autre part la médiatisation en ce temps, malgré ses modestes moyens, servait comme levier principal pour les plumes originales. Sans nier bien sûr, la présence d’autres types d’entraves, il faut le dire, éditer un livre n’a jamais était facile. Cependant, je présume que ni Victor Hugo, ni Shakespeare n’avaient suivi des cours de marketing, pour pouvoir promouvoir leurs œuvres. Leur génie était amplement suffisant et éloquent, pour faire son chemin vers le cœur et la raison d’un lectorat bien informé et vacciné contre la médiocrité et la manipulation. La sensibilité littéraire quant à l’appréciation des œuvres a certainement changé, mais le niveau intellectuel et la capacité d’assimilation ont significativement diminué aussi, depuis ce temps là.

Les raisons derrière la promotion d’un produit littéraire ne sont pas toujours culturels ou pédagogiques. Sur les étagères des librairies, il y a certainement un grand nombre de livres, qui, en dépit de leur médiocre qualité littéraire, ont fait leur chemin vers les lecteurs, grâce à une médiatisation intelligente propulsée par une politique marketing bien ficelée. Alors qu’en parallèle, il a y des écrits de valeur qui sombrent dans l’indifférence et l’oubli, soit à cause du manque des moyens financiers et la possibilité d’atteindre les maisons d’édition et les médiats, ou à cause d’une certaine marginalisation, sous toutes ses formes, qui a un lien direct ou indirect avec les convictions politiques, idéologiques et même culturelles. A mon humble avis, hormis la qualité littéraire, la promotion du livre ne devrait pas être sujet à aucune concession, peu importe ses motivations et ses objectifs.

À propos de l'auteur

Driss Chebla

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