Maroc

L’équipe Othmani, privée de vacances!

Image: La vie eco
Image: La vie eco

Si elle a été globalement saluée par l’opinion publique marocaine, la décision du Roi Mohammed VI de priver de vacances ses ministres pour cause de poursuite des manifestations dans le Rif huit mois après leur déclenchement, suscite aussi une grosse interrogation: Une telle mesure n’aurait-elle pas du être prise par le Chef du gouvernement plutôt que par le Souverain? La nouvelle constitution rend le premier directement responsable de son action devant le peuple marocain et il lui appartient normalement d’interdire à son équipe de prendre des vacances si la situation le requiert. Un tel camouflet infligé à l’esprit de la constitution en dit long sur la régression enregistrée au niveau du respect des institutions démocratiques depuis le premier gouvernement Benkirane.

M. Othmani assiste donc en spectateur à une situation qui lui échappe totalement. Selon le quotidien espagnol La Vanguardia, les ministres visés par cette mesure sont ceux de l’Intérieur, de la Santé, du Tourisme, de la Jeunesse et des Sports, de l’Agriculture, des Finances, de l’Éducation et de la Culture. Autant parler de noyau dur du gouvernement. Tous devront faire des cours estivaux de rattrapage pour débloquer une situation qui en dit long sur le malaise social ressenti par la population du Rif. Le Souverain est en colère contre plusieurs responsables à cause du retard accusé par le programme ‘ Al Hoceima: Phare de la Méditerranée ‘, inauguré en 2015 par le Roi Mohammed VI  et doté d’une enveloppe de 600 millions de dollars.

Signaux d’apaisement

Selon certaines sources proches des cercles de décision, si le projet en question entre en phase de vitesse de croisière, la majorité des doléances de la jeunesse du Rif serait satisfaite. La colère du Souverain est donc liée au retard de la mise en œuvre du projet. Une situation qui a quelque chose à voir avec le blocage de six mois accusé par la formation du gouvernement de Saadeddine Othmani. Plusieurs projets à l’échelle du pays ont été retardés au cours de cette période et il est difficile de rejeter le blâme sur le prédécesseur de M. Othmani, Abdelilah Benkirane ou sur un noyau de cadres de l’administration. La responsabilité est collective et le Roi lui-même, en concentrant son intérêt de façon abusive sur l’Afrique à travers plusieurs périples alors que le pays se trouvait avec un gouvernement qui expédiait les affaires courantes, assume une part de responsabilité.

Aujourd’hui, plusieurs ministres se trouvent privés de vacances alors qu’ils sont à la tête de leur département depuis à peine quelques mois. N’empêche que c’est une bonne décision qu’ils planchent sur les dossiers dont ils ont la charge au lieu de se bronzer à M’diq en plein Hirak Arrif. L’heure est effet à la mobilisation et non pas à la farniente. L’urgence réside dans la prise de décisions à même de calmer les esprits et d’envoyer le signal que la satisfaction des doléances de la jeunesse rifaine prime sur toute autre considération. Le début de l’apaisement passe par là…

 

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