Migrance

Les Maritimes draguent les francophones : Une erreur de casting?

Les Maritimes. Une région d'avenir www.desirdecanada.com
Les Maritimes. Une région d’avenir
www.desirdecanada.com
[otw_is sidebar=otw-sidebar-1]

Les provinces maritimes canadiennes emboîtent le pas au Québec et draguent à leur tour les candidats à l’immigration francophones. Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse notamment, forts de leur potentiel économique, de la modestie de leur population et de leur histoire enracinée dans la culture francophone, ont entrepris une opération séduction qui se veut percutante et inclusive. Il faut dire qu’avec une population d’à peine 1,800 000 million d’habitants pour une superficie de 132 000 km², il y a une belle marge pour l’accueil de nouveaux arrivants de tous les horizons…francophones. D’autant plus que le Nouveau-Brunswick,  la Nouvelle-Écosse et l’Île du Prince-Édouard sont passées en quelques années de provinces exportatrices de main d’œuvre pour cause de manque d’opportunités à des provinces qui se sont sensiblement redressées économiquement, au point de devenir attractives et outillées pour accueillir une immigration francophone qualifiée.

Mais il y  a un hic. Vendredi 15 avril 2016, se tiendra une session d’information destinée à promouvoir les charmes de ces provinces et de la tradition d’accueil acadienne…en Europe! Où concrètement? Le site du gouvernement du Canada ne le précise pas vraiment. Tout ce qu’on sait, c’est que la session en question aura lieu quelque part entre Gibraltar et Vladivostok! Plus sérieusement, on peut partir du principe que c’est Paris qui abritera l’événement tenant compte de la concentration massive dans la Ville Lumière d’une population francophone de divers horizons, mais l’information aurait mérité d’être plus précise.

Ce qui est certain, c’est qu’il y a de forts relents de discrimination dans cette démarche. En invitant les ‘’intéressés’’ à se rendre ‘’en Europe’’, le gouvernement canadien et les provinces maritimes ciblent de facto une clientèle qualifiée…et surtout nantie capable de faire face aux  frais de voyage et de séjour. Autant dire que le menu fretin n’est pas concerné. Drôle d’approche pour promouvoir l’établissement d’une immigration francophone dans une région du pays où la mise en valeur de la langue française est carrément une question de survie. Normalement, quand on cherche à draguer son prochain, on doit faire le premier pas vers lui. Casanova lui-même en savait quelque chose…

À propos de l'auteur

Harakat Ismail

Ajouter un commentaire

Cliquer pour envoyer un commentaire