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Les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran: La doctrine Trump à l’épreuve

Image: CNN
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Si le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien était l’une des décisions les plus controversées du président américain sur la scène internationale, les nouvelles sanctions arrêtées par l’administration Trump sont une épreuve à l’égard des européens de respecter leurs engagements vis-à-vis des autorités iraniens. Les européens qui se sont montrés très déterminés à respecter leur accord sur le nucléaire iranien, leurs entreprises se trouvent face à un certain nombre de pressions politiques et économiques américaines pour quitter l’Iran. Or, si le secteur bancaire, de l’industrie et celui de l’aviation étaient la cible stratégique du tableau de bord géopolitique américain, c’est le secteur énergétique qui se trouve désormais derrière l’objectif de ses nouvelles sanctions qui redéfinissent le nouveau regard trumpisme sur l’Iran.

Ce choix stratégique du secteur énergétique s’inscrit dans la volonté américaine de mettre davantage de pression sur le régime iranien afin de négocier une nouvelle feuille de route relative à des enjeux sécuritaires et de développement technologique en faveur de la nouvelle vision américaine de la région. Si Israël et l’Arabie Saoudite ont mis leur pression sur l’administration américaine pour redéfinir de nouveau un accord sur mesure, en harmonie stratégique avec leurs intérêts politiques, Donald Trump quant à lui, ses attentes de la pression sur le régime iranien est de contrarier les intérêts russes et chinois en Iran. Les nouvelles sanctions qui épargnent des secteurs comme celui de l’agroalimentaire, des télécommunications et celui lié à la pharmaceutique pour des raisons humanitaires, prévoient des sanctions austères à l’encontre de toute entreprise effectuant des transactions en dollars avec l’Iran.

Effet mitigé?

Qu’il s’agisse des amendes, de l’interdiction du marché américain ou de la pression politique et stratégique, l’administration Trump vise à étouffer tous les secteurs de l’économie iranienne, par l’entremise des pressions exercées sur les entreprises européennes. La dimension fragile de ces sanctions américaines se métamorphose dans l’exemption d’un certain nombre de pays à se soumettre à quelques lignes directives imposées par Washington dans leurs relations avec l’Iran. Cette exonération politique va sans doute affaiblir le poids et la valeur des sanctions américaines, surtout que la règle des exceptions dans la mise en action des sanctions sur la scène internationale reflète le degré de la puissance du pays, mais surtout soulève plusieurs questions concernant la crédibilité économique et la légitimité politique de l’action diplomatique du pays émetteur.

Parcourir les nouvelles sanctions démontre clairement l’intention de l’administration américaine d’astreindre les autorités iraniennes de relancer de nouveau les négociations avec Washington dans l’objectif est de s’assurer de la préservation d’un certains nombres d’intérêts stratégiques américains dans la région, dont notamment ceux liés à la vision d’Israël et l’Arabie-Saoudite. La bataille géopolitique qui implique les États-Unis, la Russie et la Chine dans la région d’Asie de l’Ouest inquiète stratégiquement le défi de la croissance économique des américains dans la région. La dimension sécuritaire, pour des raisons humanitaires est souvent mise en avant pour légitimer les actions des puissances dans cette région du globe, mais c’est plutôt le contrôle sécuritaire pour des raisons économiques qui détermine l’usage des appareils militaires et politiques afin de maintenir une présence primordiale qui permet de conserver leurs intérêts vitaux à l’échelle internationale.

À propos de l'auteur

Moulay Hicham Mouatadid

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