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Les petits calculs de MBS

Image: RFI
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S’il devait y avoir un classement des pays ou des régimes les plus impopulaires de la planète par les temps qui courent, il y a fort à parier que le Royaume des Al Saoud occuperait une place de choix. Dans certains milieux occidentaux et même en Israël – bien entendu!-, Mohammad Ben Salman – alias MBS- est perçu à peine moins qu’un « prince révolutionnaire », bien parti pour placer son pays dans liste des nations fréquentables. On lui attribue des « signes encourageants » en ce qui concerne les droits des femmes, tout en présentant le feu vert donné aux saoudiennes de conduire une voiture comme l’action la plus révolutionnaire du troisième millénaire. Ces mêmes milieux « saluent » la levée partielle de la chape de plomb qui pèse sur les jeunes et autres mesurettes destinées à la consommation extérieure.

Pourtant, ces mesures de pacotille représentent une somme insignifiante par rapport au climat de d’instabilité et de terreur que MBS est en train d’installer. Non seulement a-t-il placé son pays dans une situation de tutelle de fait face aux États-Unis suite à la signature d’un contrat de « protection » de 360 milliards de dollars sur 10 ans, en 2017, mais en plus, il s’est jeté tête baissée dans les bras d’Israël, considérant que les intérêts de son pays sont du côté du plus fort. Ce faisant, il a délibérément tourné le dos au monde arabe et aligné sa politique étrangère sur celle de Washington et de Tel Aviv. Ainsi, plus que jamais, l’Iran est devenu l’ennemi implacable des Al Saoud et tous les moyens sont bons pour faire la guerre par procuration à ce pays, que ce soit en Syrie, en Irak, au Yémen ou dans les couloirs des Nations Unies. Une haine implacable qui ne peut que séduire Donald Trump et Benyamin Netanyahu.

Tension tous azimuts

Toujours dans le registre belliqueux, difficile de ne pas retenir la mise sous embargo du Qatar, un pays qui a lui-même beaucoup de choses à se reprocher et l’adoption d’une attitude hostile visant tous les pays qui ont opté pour la neutralité dans le litige opposant Ryad à Doha. Et comment ne pas mentionner l’attitude ignoble des Al Saoud dans la course à l’organisation du Mondial 2026. Ne se contentant pas de soutenir sans réserve les États-Unis de Donald Trump, ils ont mis leur point d’honneur à faire du lobbying en faveur de la candidature américaine auprès des fédérations asiatiques. Une attitude indigne qui, hélas! est en train de porter ses fruits à quelques jours de la désignation du pays organisateur.

En à peine un an, MBS a réussi la prouesse de placer son pays dans le top 3 des pays les plus impopulaires de la planète, même si l’Arabie Saoudite n’a de toute façon jamais été été particulièrement populaire. Un pays considéré parmi les plus importants acquéreurs d’armes de la planète. Des armes qui ne serviront peut-être jamais si ce n’est à intimider tous les pays du voisinage, dont l’Iran bien entendu, mais aussi la Turquie, l’Iraq et même l’Égypte. Tous ces milliards qui aboutissent dans les pochent de l’oncle Sam ne garantissent pas automatiquement une protection sans faille des américains. Les leçons du Printemps arabe devraient donner à réfléchir au régime des Al Saoud. Les Américains n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts.

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