Maroc

Les philosophes et les poètes : Ces porte-paroles sans parole ?

Quand Benkirane hiérarchise les priorités à sa manière www.businessinfo.ma
Quand Benkirane hiérarchise les priorités à sa manière
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[otw_is sidebar=otw-sidebar-4]Le Chef de gouvernement du Maroc M. Abdelilah Benkirane n’a pas ménagé ses mots tout récemment en tirant à grosses boulées sur les poètes, les philosophes, les littérateurs et les artistes tout en dévalorisant leur rôle dans la société par rapport aux scientifiques, ingénieurs, aux matheux et consorts dont l’État a grandement besoin jusqu’à preuve du contraire.

Nous ne sommes pas très loin de Néron, qui ne lésina pas à lapider ses proches, et à brûler tout Rome pour asseoir la démesure de ses ambitions – tout cela, suite à une idée, une manie qui ne lui laissa pas le choix, et qui lui dressa bien haut la splendeur de son œuvre si elle voit le jour.  Hugo n’a-t-il pas bien dit : On résiste à l’invasion des armes, mais on ne résiste pas à l’invasion des idées ?

Que la blogosphère s’insurge suite à ces déclarations est un fait qui est loin d’être anodin, mais qu’un ex-professeur, et de surcroit, transmetteur du savoir puisse patiner sur l’âme de ceux qui cisèlent l’étendard de leurs patries sur les parterres de leur identité, il y a matière à pavoiser sur la mesure de l’aliénation patente dont il est question.

Un précurseur nommé Mohammad

Que les sociologues, philosophes, musiciens, artistes, gens de culture, poètes à la mandoline, romanciers en Plouffe, etc, ramassent leurs ustensiles et circulent pour la bonne volonté du ministre, cela revient à dire que l’identité du Maroc doit se pendre ad hoc, là où la tribune n’en appelle qu’aux vendeurs de la bouillabaisse pour venir applaudir aux mégalomanies d’un fabulateur, dont ils ne saisissent ni les visées ni la teneur des halos !

Le Chef de gouvernement a–t-il oublié que le fondateur de la civilisation musulmane était un grand philosophe, en la personne de Mohammed (SAW)?

Le Chef de gouvernement a t-il oublié que sans la culture, la poésie, la littérature, la musique, les arts en général, aucune nation au monde  ne peut prétendre à l’épanouissement identitaire  intellectuelle et économique ?

Le Chef de gouvernement a-t-il oublié, que même s’il est révolu le temps où  l’on payait des poètes pour leur vers clamés à même le trône des rois et des seigneurs, on voit présentement les Chefs de gouvernement des pays civilisés dirigeant des orchestres entiers, ou engageant des poètes comme consultants à la clairière des fontaines, non seulement du savoir mais du vivre-ensemble aussi ?

Que le message endosse de l’emphase subventionnée, et de la discrimination positive, cela ne fait pas du tribun un Diogène digne d’être sacralisé. Alors autant le dire ainsi :  lorsque le savoir se drape de ses atours les plus somptueux, ornés entre autres de l’humilité et du partage, le banquet ne peut être que magnificient en contenu et en contenant, mais  lorsque l’obscurantisme se vêt de ses oripeaux les plus ouatés, on aura beau se boucher le nez, mais il y a des risques que les dégueulis puissent sanctifier les yeux, et affecter certains esprits aptes à tout gober, au nom de ces illuminations, sans une réelle date de péremption !

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Kamal Benkirane

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