Sociéte

Les radios X, et cette liberté de dire

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www.sortonslespoubelles.com
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Les radios X, appelées aussi des radios « poubelles », adoptent ouvertement des animateurs  haters  de la dernière pluie qui font de la haine leur sacerdoce primaire. Ces dits animateurs, libres comme des électrons, poussent souvent le fantasme jusqu’à banaliser l’opprobre moral. Ils sont prêts à insulter et à encaisser, et baptisent la posture  rock  comme l’ultime mode de vérité. La liberté d’expression pour eux n’en demeure pas moins une charité sainte pour meugler dans les jungles des sphères radiophoniques, pourvu que la justice prenne des couleurs.

Ainsi, nous nous trouvons devant deux fronts contestataires : l’institutionnalisation de la vulgarité versus l’institutionnalisation de la liberté d’expression. La vulgarité verse vers le penchant du marginal qui prend pour otage toute la société, et la liberté d’expression verse vers le penchant de l’idéaliste qui adopte le «  politiquement correct » lorsqu’il s’agit tout simplement de dire la vérité. Il arrive aux radios X de limoger des baveux sous la pression. Mais lorsqu’il leur arrive de jaser «  envergure intellectuelle », les préjugés pleuvent comme vache qui pisse sur les riches, les adeptes du Plateau, les pauvres, la gauche pourrie gâtée, les anarchistes du front commun, les BS, les socialistes contemporains, et bien d’autres qualificatifs. Cela dit, une certaine coquinerie médiatique continue de mandater ces animateurs intouchables, et deviennent la légende qui sort du lot.

Saints-n’y touche, loin de la touche

Tout pousse à dire que ces agitateurs de l’opinion demeurent loin de la touche. Insaisissables parce que protégés, et ingrats parce que désagrégés de « l’intellect ». Ils jonglent avec  les émotions pour les beaux yeux de l’audimat. Ils peuvent tout accepter, mais l’important c’est de ne pas plier, même dans la peur. Ils doivent avancer dans la provocation pourvu de provoquer le tollé. Cela rappelle les « saints-n’y touche » (au masculin s’il vous plait), biens calculateurs, et qu’Émile Zola interpelle dans (Au bonheur des dames) :

Cette sainte-n’y-touche tremblait d’être giflée par son amoureux, qu’elle devait tromper.

En terme de gifles expéditives, Jacques Verges le célèbre avocat, n’a-t-il pas eu raison de Martineau en le renvoyant chez lui tout en dénonçant son terrorisme intellectuel ? Dutrizac, ne s’est-il pas vu remettre à sa place par Dan Philippe, président de la ligue des noirs, lorsque le journaliste lui a dit, par les termes de la paraphrase : « Pourquoi vous vous plaignez, vous avez déjà Danny Laferrière comme membre de l’Académie française, tout va bien pour vous autres les haïtiens ?  » La même ligue des noirs, ne devait-elle pas réagir aussi fermement contre les propos d’Arthur qui soutenait mordicus que le sida venait de Haïti spécialement ? le même André Arthur n’a-t-il pas demandé récemment aux gens d’arrêter de brailler sur feu Jean Lapierre, ce qui lui a valu un limogeage direct ? Jeff Fillion, entre deux rires outrecuidants, ne lapidait-il pas à travers les ondes, africains et arabes tout en leur demandant de rentrer à leur pays, ce qui lui a valu le tollé citoyen ?

Tant qu’à faire, et pendant que ces animateurs continuent de revendiquer un droit de survie, le choix de la méfiance est nécessaire envers ces «  saints-nitouche » qui donnent souvent une apparence de sagesse, mais qui propagent ouvertement l’innocence, la pruderie et l’hypocrisie sophistiquée.

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Kamal Benkirane

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