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L’ex patron d’Interpol: Le jeu caché de la Chine

Image: Sputnik Mundo
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Qu’il s’agisse d’une persécution politique ou d’une opération d’anti-corruption opérationnelle, la Chine n’a pas tardé à recourir à la coercition policière pour arrêter Meng Hongwei, l’ex-patron d’Interpol et le vice-ministre chinois de la sécurité publique. Sa démission envoyée depuis Pékin, a été justifiée par les autorités chinoises, par une ouverture d’enquête et de poursuite judiciaire. Cette action politique démontre clairement, d’un côté, la violation chinoise de l’éthique institutionnelle des règles internationales, et de l’autre côté, la fragilité structurelle de l’organisation internationale de police criminelle vis-à-vis du pouvoir des autorités politiques de ses États membres. Or, le processus d’arrestation ainsi que la procédure poursuivie pour imposer la démission, traduisent les limites du pouvoir d’Interpol face à la raison d’État de la Chine.

Si la Chine s’est autorisée à violer les  principes internationaux au nom d’un critère caractérisé par un flou définitionnel, ces pratiques vont, sans doute, fragiliser l’image d’une organisation qui ne cesse pas de chercher à s’approprier une crédibilité policière à l’échelle mondiale. Au-delà du jeu des zones d’influences des pays adhérents et l’enjeu de l’indépendance politique d’Interpol, l’opinion publique internationale qui s’est interrogée sur la validité juridique de la démission, dans un contexte où les rapports de force entre les États membres et l’organisation sont mis en cause, elle ne cesse pas de questionner la crédibilité des actions d’Interpol et la validité de son poids sur l’échiquier international. Cette arrestation, accompagnée d’une démission d’ordre politique et administrative, dévoile la nouvelle force du  realpolitik  chinois sur la scène internationale, mais aussi la marge de manœuvre étroite d’Interpol à l’égard de la Chine. La commission nationale de supervision du gouvernement Chinois, qui enquête sur Meng Hongwei, est devenue un instrument politique propre à l’appareil Chinois souvent utilisé par ses autorités afin de justifier les poursuites et les détentions des personnalités publiques et politiques, souvent qualifiées d’opposants ou qui ne respectent pas la ligne idéologique de ceux qui sont au pouvoir.

L’élection de Meng Hongwei à la tête d’Interpol fin 2016, a constitué un retour en force de la Chine à la tête des organisations internationales. Toutefois, malgré les inquiétudes des défenseurs des droits de l’Homme, les autorités chinoises, non seulement ont su comment s’imposer au sein du directoire d’Interpol, mais elles veulent s’affirmer comme un acteur sine qua non dans le cadre de la redéfinition du nouvel ordre mondial.

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Moulay Hicham Mouatadid

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