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Liberia: Le pays que Georges Weah s’apprête à diriger

Image: RFI
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Une mission colossale attend Geroges Weah, l’ancien crack du football qui a été élu le 26 décembre président du Liberia. Ce pays figure parmi les dix pays les plus pauvres de la planète selon l’indice établi par l’OCDE. Ce qui donne une idée sur l’ampleur de la mission qui attend l’ancienne star du Milan AC et Ballon d’Or africain. Le Liberia n’est pas un pays comme les autres. Fondé en 1822 par des esclaves américains affranchis, ce pays a de toute évidence adopté un mode de gouvernance calqué sur les normes du pays de l’Oncle Sam. Même au niveau du drapeau, les autorités américanisées du Liberia n’ont pas fourni le moindre effort, se contentant de reproduire la bannière étoilée en gardant une seule étoile. Ce pays est de facto considéré comme l’une des toutes premières colonies en Afrique, même si certains historiens rechignent à considérer les États-Unis comme un pays colonisateur.

En fondant le Liberia, il y a près de deux siècles, les esclaves affranchis étaient à mille lieues de douter que leur tâche allaient s’avérer aussi colossale. La cohabitation avec les autochtones s’est bien mal passée, et durant un siècle et demi environ, les Africains « de souche » ont été privés de droit de vote et exclus des sphères de décision. Quant à l’élite afro-américaine, elle a reproduit le système en vigueur à Washington mais avec des moyens tout simplement inexistants. C’est comme si le mot d’ordre donné par les responsables US pouvait se résumer comme suit: Administrez-vous comme nous mais ne vivez pas comme nous! De fait, jamais les Américains n’ont bougé le petit doigt pour voler à la rescousse de ce pays extrêmement pauvre et l’ont laissé quasiment à l’abandon depuis sa création.

Sortir de l’indigence

De 1980, date du renversement du régime de William Tolbert par Samuel Doe, jusqu’en 2003, le Liberia a pâti des affres de la guerre civile. 150 000 personnes environ, pour la plupart des civils ont perdu la vie et lorsque ce pays a organisé en 2005 ses premières élections démocratiques, c’est une femme Ellen Johnson Sirleaf qui a été portée à la tête de l’État face à un certain… Georges Weah. La tâche qui attendait Mme Sirleaf était titanesque puisque les infrastructures étaient totalement détruites et le Liberia n’avait pas d’autre alternative que de se placer sous la tutelle des bailleurs de fonds internationaux. Une dépendance quasiment totale en attendant de mettre sur les rails un semblant d’administration et d’infrastructures. En douze ans, Mme Sirleaf a fait ce qu’elle a pu, remportant au passage un prix Nobel de la paix, mais le Liberia reste considéré parmi les pays les plus pauvres du monde.

Voilà donc le pays que Georges Weah s’apprête à diriger. Emploi, infrastructures, lutte contre les bandes organisées, éducation, santé…, le tout dans les délais les plus raisonnables pour répondre aux attentes d’un peuple qui n’a jamais connu autre chose que la misère depuis sa création en 1822. Il s’agit en outre de réconcilier pour de bon afro-américains et « autochtones », même si le métissage qui s’est opéré en deux siècles atténue un peu les rancœurs. Très populaire, Goeorges Weah doit se mettre tout de suite à l’ouvrage et sa marge de manœuvre est des plus ingrates tellement les attentes sont immenses.

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