Maroc

Mohammed VI- Jacob Zuma: Une poignée de main stratégique.

Image: lematin.ma
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Le Sommet euro-africain d’Abidjan a réservé son lot de surprises pour les Marocains en particulier et les analystes politiques en général. Ainsi, outre la photo de famille historique dans laquelle on a pu apercevoir le Roi Mohammed VI et le Chef du Polisario – ce qui eût été absolument impensable sous Hassan II -, il y a eu la rencontre inédite entre le Souverain et le Président sud-africain Jacob Zuma. Le pays de Mandela est considéré comme l’un des principaux soutiens de l’organisation séparatiste aux côtés  de l’Algérie bien entendu et du Nigéria qui a , il est vrai, mis un peu d’eau dans son vin depuis le déclenchement de la campagne diplomatique africaine par le Maroc. L’Afrique du Sud, géant économique du continent doit évidemment suivre de près l’évolution de l’actualité dans la partie septentrionale du continent. Elle est donc bien placée pour savoir que c’est plutôt le Maroc qui a le vent en poupe et non plus l’Algérie sur le plan africain.

La chute des cours du pétrole et l’omniprésence de la diplomatie marocaine ont changé radicalement la donne par rapport à la situation qui prévalait il y a une dizaine d’années. En outre, le Maroc a pris l’initiative de normaliser avec certains pays qui affichent un soutien sans faille au Polisario comme le Nigéria, mais aussi Cuba, l’Éthiopie et d’autres pays qui ont fait beaucoup de mal au Maroc par le passé. Le message de la diplomatie marocaine peut-être décrypté ainsi: « Nous savons que vous êtes favorables au Polisario, mais nous pouvons séparer cette question des considérations diplomatiques et économiques ». Autrement dit, brassons des affaires sans aborder nécessairement les questions qui fâchent. Stratégie subtile car elle oblige quelque part les pays qui sont toujours aveuglés par la thèse de l’Algérie et du Polisario à nuancer leur position justement en raison des considérations diplomatiques et économiques.

Le Maroc et l’Afrique du Sud ont donc décidé de gravir un échelon dans leurs relations en échangeant des ambassadeurs. L’idée n’est pas mauvaise car elle permettra aux diplomates marocains d’être présents dans les coulisses et de riposter en conséquence. À court terme, Prétoria ne va pas laisser tomber le régime de Tindouf et les représentants de ce régime auront toujours leurs entrées dans ce pays, mais mieux être sur place quand les séparatistes réactiveront leur lobby. Pour l’instant, Alger et ses protégés sont sur la corde raide pour la simple et bonne raison que le nerf de la guerre, l’argent, se fait rare. Et c’est justement parce que l’adversaire est sonné que le dernier uppercut doit être asséné!

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