International

Présidentielles françaises: La foire au populisme

Image: Ouest-France
Image: Ouest-France

Pour la première fois dans l’histoire de la Vième République, le risque qu’il n’y ait aucun représentant de la droite ou de la gauche traditionnelles au deuxième tour des élections présidentielles françaises est manifeste. Pour le Parti socialiste, le sort de Benoit Hamon est quasiment scellé. Avec 7,5% d’intentions de vote à quelques jours du premier tour, il réalisera vraisemblablement le pire score qu’un candidat du PS ait jamais obtenu. Ceux qui pensaient que ce parti historique avait touché le fond en 2002 suite à l’élimination de Lionel Jospin au premier tour avec presque 16% des voix en sont pour leur grade. Avec l’élimination de Benoit Hamon, les électeurs de la gauche auront le choix entre deux candidats  que tout oppose.

D’une part, il y a Jean-Luc Mélenchon qui doit probablement se pincer pour prendre toute la mesure de ce qui lui arrive. Candidat de la gauche de la gauche, il tient un discours populiste qui séduit certes de nombreux électeurs, mais qui aurait toutes les difficultés du monde à résister à l’épreuve de la réalité. Son programme faisant la part belle aux familles et au retour de l’État-Providence aurait pu avoir un sens au bon vieux temps du mitterrandisme quand le processus de déclin de la France n’étant toujours pas amorcé. Mais aujourd’hui, à l’heure des délocalisations, de la hausse fulgurante du coût de la vie et de la rareté de l’emploi, le moins qu’on puisse dire, c’est que M. Mélenchon tient un discours d’opposition. Dans l’hypothèse d’une victoire, il risque de ne même pas bénéficier des 100 jours de grâce d’usage avant que les critiques ne commencent à pleuvoir. Tellement son programme paraît irréaliste.

Voter par défaut

D’un autre côté, il y a Emmanuel Macron qui dit aux français exactement ce qu’ils veulent entendre. Conscient de l’impopularité record du Parti socialiste, il se garde de trop rappeler son expérience aux côtés du Président François Hollande en tant que ministre de l’Économie, préférant tenir un discours qui se veut rassembleur et transcendant les obédiences. Problème: Dans un pays à ce point polarisé que la France, ça ne peut pas marcher à la longue. Tôt ou tard, il faudra bien se positionner. Et surtout redresser une économie qui pèse certes 2800 milliards $, mais qui fait du surplace face à l’émergence de nouveaux ogres économiques comme le Brésil, l’Inde ou le Mexique. En cas de victoire, ce qui semble probable, Emmanuel Macron sera particulièrement attendu sur le plan économique et au niveau de la création de l’emploi.

Quant à l’ancien premier ministre François Fillion, il n’a toujours pas abdiqué, mais le discrédit jeté sur sa personne suite au Pénélope Gate, en référence aux avantages que son épouse galloise aurait obtenu indument a grandement éclaboussé la droite traditionnelle. Reçu par des huées à chaque déplacement, il fait montre d’une résistance stoïque face à l’adversité. Son refus de se désister en faveur d’Alain Juppé pourrait coûter aux Républicains la présidentielle. Si la réputation de M. Fillion est écornée, celle de la candidate de l’extrême-droite Marine Le Pen l’est tout autant et pratiquement pour les mêmes raisons. Autant dire que le rapport entre la classe politique et les Français n’est pas au beau fixe. La majorité semble davantage voter par défaut que par conviction

 

 

À propos de l'auteur

Harakat Ismail

Ajouter un commentaire

Cliquer pour envoyer un commentaire