Maroc

RNI: Et si c’était Akhannouch?

Ainsi donc, le secrétaire général du Rassemblement national des indépendants Salaheddine Mezouar a présenté sa démission au lendemain de l’annonce des résultats. Officiellement, il a invoqué sa responsabilité à la tête de la COP 22 de Marrakech pour justifier son geste. Il a aussi cherché à se présenter comme celui qui a tiré toutes les conséquences des résultats des élections législatives pour quitter le RNI sans faire de bruit. Une décision plutôt rare en politique puisque tout le monde sait à quel point le lien est viscéral au Maroc entre le siège et le leader. Reste à savoir si sa décision est irréversible ou s’il compte se laisser désirer par les cadors du parti qui ne manqueront pas de lui rappeler à quel point sa présence agit comme une muse sur la formation fondée par Ahmed Osman et l’administration.

À supposer que le départ du ministre des Affaires étrangères soit irréversible, qui pourrait lui succéder? Les supputations vont d’ores et déjà bon train et les cadres ne manquent pas. Talbi Alami, Amina Benkhadra, Moncef Belkhayat, Mohammed Oujar…les candidats ne font pas défaut. Mais il est tout aussi possible qu’on  » propose » une figure qui ne fréquente que rarement le siège du parti à Rabat. À ce titre, le nom d’Aziz Akhennouch risque de revenir assez souvent. Le puissant ministre de l’Agriculture a déjà été pressenti par la rumeur pour conduire le gouvernement en lieu et place du vainqueur Abdelilah Benkirane. Il ne serait donc pas particulièrement étonnant qu’il se retrouve à la tête du RNI, histoire de constituer avec le PAM une forte opposition au PJD, et c’est exactement ce qu’espère le Makhzen.

Aziz Akhannouch qui a déjà remporté un bras de fer avec Benkirane à propos du contrôle d’un budget faramineux, risque donc d’être l’homme de la situation. Riche comme Crésus et présentant un bilan honorable à la tête de son département, M. Akhannouch risque donc bel et bien de se retrouver à la tête d’un parti programmé davantage pour gouverner que pour se rouler les pouces dans l’opposition. Mais des fois, il est plus sage de faire partie d’une opposition forte que d’une majorité faible. Les jours qui viennent diront si l’option Akhannouch sera retenue.

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Harakat Ismail

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