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Statistique Canada: Le déclin du français au Québec, enveloppé dans la ouate du multiculturalisme

Image: Twitter
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Sous le titre  » Un paysage linguistique de plus en plus diversifié: faits saillants du recensement de 2016 « , Statistique Canada a rendu public des éléments allant dans le sens d’une plus grande diversité de la société canadienne et d’un multiculturalisme n’admettant aucune concession. Ainsi, on apprend que 7,6 millions de canadiens n’emploient ni le français ni l’anglais à la maison et que la population maîtrisant une langue de plus est passée de 17,5% en 2011 à 19,4% en 2016. Concernant le Québec, le français est passé sous les 50% à Montréal – plus concrètement 47,8% – et sous les 80%  – 77,4% plus précisément – dans le reste de la province. Sans aller jusqu’à évoquer une dégringolade vertigineuse, les chiffres de Statistique Canada, enveloppés dans la ouate du multiculturalisme ont de quoi inquiéter.

Contrairement à la France, à la Wallonie, à la Suisse Romande ou au Grand-Duché, le Québec se trouve réellement dans un contexte de survie linguistique même si la culture anglophone produit autant de dégâts d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique. Quand un peuple de 8 millions d’âmes est pris en tenaille par 350 millions d’individus s’exprimant dans une langue qui est celle de la recherche, des nouvelles technologies de l’information, de la musique industrielle et de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une mode, alors il y a péril en la demeure. Ne pas s’en rendre serait faire étalage de cécité et s’exposer à un lent mais certain déclin culturel. Voilà donc concrètement ce que risque le Québec dans un contexte de multiculturalisme en apparence inclusif, mais dans le fond ravageur puisque les deux langues officielles du Canada ne luttent pas à armes égales. Évoquer une complémentarité à la Mélanie Joly reviendrait à croire au Pays des Merveilles d’Alice.

Tour de vis à la Loi 101

La loi 101 existe pour protéger le français au Québec? Tant mieux, mais un tour de vis doit être donné d’urgence non seulement pour protéger les acquis mais aussi et surtout pour mieux se préparer à l’intégration des nouveaux arrivants et faire en sorte que leur avenir social et professionnel se déroule en français. Évidemment, c’est au niveau des établissements scolaires que ça se passe, mais pas seulement. Quelques petits gestes simples pouvant paraître isolés à première vue, pourraient produire des résultats intéressants. Exiger de se faire servir en français par exemple, demander aux stations de radio québecoises de réduire à la baisse le nombre de tubes en anglais, réclamer des comptes aux grandes institutions qui font fi des dispositions de la Loi 101… Des gestes citoyens qui ne produiraient un réel impact que s’ils sont relayés par le plus grand nombre possible d’individus.

Il faut faire attention avec les chiffres de Statistique Canada. Ils donnent au début une impression d’ouverture et projettent l’image d’un pays débordant d’amour envers son prochain – surtout quand le tandem Justin Trudeau-Mélanie Joly se mêle de la partie -, mais au bout du compte, c’est le plus fort qui gagne. Pourquoi? Car là où de plus en plus de québecois et de néo-québecois font le pari de l’anglais au niveau scolaire et professionnel, il ne viendrait presque à l’esprit de personne en Colombie-Britannique ou au Manitoba de renoncer à l’anglais pour inscrire sa progéniture dans une école française. Quand on sait que même les Italiens d’Amérique du Nord, héritiers de l’une des plus brillantes civilisations de l’humanité ont renoncé à leur prénom, optant pour des Jo, Sam, Nick, Al…en lieu et place de Giovanni, Alberto, Luigi… on saisit mieux l’ampleur du péril.

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