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Tarik el Mandili: Un drame dans les méandres de la bureaucratie

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Alors qu’il savourait paisiblement les retrouvailles familiales en 2009 à Casablanca, le Canado-Marocain Tarik el Mandili a été fauché par un chauffard…qui court toujours au demeurant. Un épisode tragique et rocambolesque qui ne fait que remonter à la surface la douleur atroce de toute une famille. Le jeune homme de 32 ans qui circulait en motocyclette grosse cylindrée a été happé par un individu qui, pris de panique, a pris la fuite laissant sa victime entre la vie et la mort. À partir de cet instant, les anomalies ont commencé à s’enchaîner à la vitesse V pour faire prendre à ce procès une issue totalement différente de celle qu’il aurait du prendre.

Premier manquement au respect à la vie d’un être humain, l’ambulance ne s’est présentée que trois heures plus tard alors que l’accident s’est produit en plain cœur de Casablanca, pas dans un village reculé difficile d’accès. Deuxième anomalie, le coupable dont l’identité a été retracée n’a jamais été écroué. Vérifications faites, il se trouve que l’individu en question est avocat de son état et bénéficie de ce fait de bien des protections pour le moins suspectes. Ensuite, et après des années de démarches que le propre père du défunt a menées, l’assurance a alloué à la famille de la victime le montant dérisoire d’une trentaine de milliers de dirhams, soit presque dix fois moins que le montant accordé au propriétaire du vélomoteur! Autant dire que la valeur de la ferraille est dix fois supérieure aux yeux de la compagnie d’assurances à celle de la vie d’un jeune homme. Apparemment,  » c’est la loi  » a invoqué celle-ci le plus obstinément du monde.

Attitude irresponsable

Le père du jeune Tarik, M. Ahmed El Mendili garde un souvenir des plus amers de cet épisode. Il a, à ce titre sacrifié temps et argent à cause de ce tragique incident pour suivre ce dossier entre le Maroc et le Canada, n’hésitant pas à frapper à toutes les portes pour susciter l’intérêt des responsables marocains. Et à de rares exceptions près, l’indifférence était le maître-mot tout comme l’attitude du premier avocat chargé par la famille de mettre toute la lumière sur cette affaire. Des années de négligence et d’irrespect des notions élémentaires de la justice qui ont poussé la famille du jeune Tarik et plus particulièrement le père du défunt à mettre en place une fondation chargée de maintenir vivace la mémoire de leur enfant et sensibiliser l’opinion publique aux risques auxquels elle s’expose si, par malheur elle se trouvait dans pareille situation. Ce que la famille Mendili ne souhaite évidemment à personne.

Le Fondation en question, baptisée Tarik As-Salama a vu le jour d’abord pour prévenir contre les accidents de la circulation, ce que d’aucuns qualifient avec raison d’hécatombe routière. À ce titre, elle organise des campagnes en partenariat avec le Comité national de prévention des accidents de la circulation. Et ensuite, elle s’est assignée pour mission d’offrir des outils aux familles qui pourraient perdre un être cher suite à un accident. Une action citoyenne bienvenue dans le sens où nombreux ceux ceux qui n’ont pas la moindre idée des démarches à entreprendre si un drame du genre devait se produire. Une brèche dans laquelle s’engouffrent bien des rapaces qui profitent de l’ignorance des familles. M. Mendili multiplie dans ce sens les actions dans la cadre de la Fondation lance un cri de cœur à l’adresse des responsables à commencer par l’appareil judiciaire pour en finir avec la légèreté et l’amateurisme quand il s’agit de traiter de dossiers de cette envergure.

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Harakat Ismail

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