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Vers le transfert de l’ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem?

Image: YouTube
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Parmi les promesses ou plutôt menaces électorales proférées par le président américain élu Donald Trump qui sera assermenté aujourd’hui vendredi 20 janvier, figure la question du transfert de l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Depuis la création de l’État d’Israël en 1948, à l’instigation des États-Unis justement qui ont repris pour leur compte la promesse de Balfour en 1917, Washington s’est toujours inconditionnellement ralliée derrière l’État hébreu, faisant valoir son droit de veto même lorsque toute la communauté internationale estimait que les violations d’Israël méritaient d’être sanctionnées au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Cependant, aucune administration américaine, pas même celle de Georges W Bush n’a franchi le pas en transférant l’Ambassade à Jérusalem. Certes, il s’en est toujours trouvé des voix pour pousser le locataire de la Maison Blanche dans cette direction, mais un certain bon sens a toujours fini par prévaloir.

Tout le monde sait que les États-Unis n’ont jamais été neutres dans le conflit israélo-arabe, encore moins dans sa partie palestinienne, et de fait on ne compte depuis 1948 que quelques très cas cas où les États-Unis se sont abstenus de soutenir Israël au Conseil de sécurité plutôt que d’opposer leur veto. Mais la question du transfert de l’ambassade américaine a toujours constitué une sorte de ligne rouge. Maintenant, qui pousse Donald Trump dans cette direction aux conséquences qui pourraient être désastreuses? Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsqu’il s’agit de la crise israélo-arabe, les principales décisions américaines ne se prennent pas au niveau de la Maison Blanche, du Congrès ou du Sénat, mais du tout-puissant AIPAC, le fameux lobby juif des États-Unis. Et même au niveau du Congrès et du Sénat US, l’AIPAC est omniprésent tant du côté démocrate que républicain.

Un bourbier en perspective

Qu’il s’agisse d’une décision unilatérale ou d’une suggestion saugrenue soufflée par l’AIPAC, la promesse électorale de Donald Trump risque d’être très lourde de conséquences. Surtout lorsqu’on sait que pour la mouvance jihadiste incarnée par Al Qaida, l’EIIL ou autre, la question de Jérusalem a toujours constitué une sorte de fonds de commerce payant. Un cri de ralliement permettant d’embrigader les candidats au Jihad, avec pour mot d’ordre: ‘ Nous allons prier à al Qods’. Un vœu certes pieux et totalement irréaliste tenant compte des rapports de force, mais qui fait mouche auprès de certains jeunes du monde arabe en mal de causes. Concrétiser la promesse du transfert de l’ambassade reviendrait donc immanquablement à fournir des munitions à la nébuleuse obscurantiste et à raviver la flamme du jihad à un moment où l’EIIL s’apprête à dresser patte blanche

Pour l’administration Trump qui prendra ses fonctions aujourd’hui, le Moyen-Orient risque de s’ériger en bourbier. L’homme qui a promis d’employer le nucléaire contre l’État islamique et de remettre en question le processus de normalisation entre les pays occidentaux avec l’Iran, risque d’être ramené assez rapidement à la réalité. Il existe en effet une différence considérable entre des promesses électorale destinées à séduire ses électeurs et la réalité. L’espoir réside donc dans l’ascendant que les conseillers de M. Trump seraient en mesure d’exercer sur un personnage pareil. Personnage narcissique et incompétent notoire en politique et dont le seul mérite réside dans l’art de faire tourner une entreprise. Et justement, l’Amérique peut-être fonctionner comme une entreprise florissante?

 

 

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Harakat Ismail

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